Sarkolus Magnus
L’une des idées qui sous-tendent la décentralisation – Je parle de celle de 1982 -, c’est que donner des responsabilités réelles à des assemblées locales, c’est rapprocher la décision du citoyen, c’est dépasser la médiatisation outrancière qui est en train de tuer nos démocraties pour reconstruire un lien plus authentique entre les élus et les électeurs.
Il est en effet plus facile de m’interpeller par exemple quand je fais mes courses dans le supermarché à coté de chez moi ou quand je viens faire un saut au vide grenier d’un village de mon canton que d’interpeller un ministre ou monsieur Sarkozy.
Mettre les départements en difficulté financière, c’est leur ôter toute possibilité de répondre aux besoins des habitants qui les ont élus, c’est les cantonner dans leurs compétences obligatoires, c’est, par exemple, les contraindre à ne plus assurer la gratuité des transports scolaires, à renoncer à subventionner les transports collectifs, leur interdire d’aider, comme nous le faisons dans l’Eure, les comités et les fédérations sportives etc.
Mettre les Départements en difficulté financière, c’est remettre en cause les projets et les programmes sur les quels les conseillers généraux ont été élus ; c’est faire fi de la démocratie.
Mettre les départements en difficulté financière, c’est d’abord mettre en difficulté leurs habitants, c’est mettre en difficulté les gens.
Monsieur Sarkozy le sait parfaitement mais il s’en moque.
S’il n’hésite pas à casser cette démocratie locale qui maille et structure notre République, ce n’est que parce que la plus grande part des départements et la quasi-totalité des régions sont gouvernés par des majorités qui ne lui ont pas fait allégeance.
Monsieur Sarkozy qui tient l’Assemblée Nationale, qui tient le Sénat, qui tient pratiquement toute la presse par copains interposés, qui a largement mis au pas la justice, n’hésitant pas à lui désigner lui-même les coupables avant même que se soient déroulés les procès, Monsieur Sarkozy ne veut accepter aucun contre-pouvoir…
Les Français ont choisi d’autres équipes que les siennes pour animer l’action des Départements et des Régions, il faut donc charcuter Départements et Régions jusqu’à en faire des godillots à son service.
C’est d’abord cette « politiciennerie » là qui guide sa réforme des collectivités territoriale.
Remettre en cause décentralisation et démocratie ne le dérange pas…
Il veut, nous dit-il, simplifier le fameux mille feuille de la démocratie locale et simplifier signifie pour lui établir une démocratie où il n’y aurait qu’un patron : lui ! Quant aux autres élus, ils ne seraient que des Missi Dominici, les tentacules du patron.
Drôle de démocratie que celle là !