réforme des collectivités: une Sarkoziade !
Je reviens sur la technique et l’aisance du bateleur Sarkozy quand il veut faire prendre des vessies pour des lanternes.
Vous trouvez normal que … ?
Sarkozy, c’est le monsieur du « vous trouvez normal que… ? » . Ca marche tellement bien qu’il a été repris par une banque pour sa pub sur des assurances.
Vous trouvez normal, nous dit-il qu’il y ait tellement de niveaux de décision qui s’occupent tous tellement de la même chose que les citoyens n’y comprennent plus rien et qu’en plus ça coûte cher ?
Non bien sûr… sous réserve que ce soit vrai et nous disposons de l’étude de KPMG, organisme indépendant, qui nuance fortement ces affirmations.
Ce sont moins de 6% des dépenses de fonctionnement qui relèvent d’un croisement de compétences entre Région et Départements … Nos concitoyens savent pertinemment que la mise en place de l’APA, par exemple, relève du Département ou que, pour le fonctionnement des collèges, c’est le chemin du Conseil Général qu’il faut prendre et que pour celui des lycées c’est celui de la Région.
C’est vrai en revanche que lorsqu’une association lance une manifestation culturelle, elle sollicite tout le monde. Est-ce vraiment gênant ? Cela engendre-t-il pour autant de la gabegie ? Je suis loin d’en être certain.
Sur l’investissement, il est exact en revanche que nous croisions les crédits mais cela, nos concitoyens le savent et le souhaitent.
Bâtir une école dans un village du département, par exemple, n’est possible le plus souvent pour la commune que si le Conseil général, dont ce n’est pourtant pas une compétence obligatoire, met la main à la poche… C'est-à-dire demande au contribuable départemental de ne pas laisser seul le contribuable du village face à une telle dépense.
Ce n’est pas dilapider que faire cela. C’est au contraire conforter le service public local. Et ce ne sont pas, pour citer des communes de mon canton, les habitants de Caugé, de Claville ou de Saint-Sébastien de Morsent qui s’en plaignent !
Ce n’est pas davantage creuser le déficit de la Nation puisque le budget du conseil général est en équilibre et que son emprunt concerne des actions d’investissement et non pas du fonctionnement comme c’est le cas pour le déficit de l’Etat.
Oui mais, nous dit monsieur Sarkozy, vous trouvez normal qu’il y ait tant d’élus locaux et qui coûtent si cher ? Il y a des économies à faire … Un comble de populisme !
Créons des conseillers territoriaux, poursuit-il, qui seront en même temps conseillers généraux et conseillers régionaux, réduisons leur nombre de 6000 à 3000, changeons les modalités de leur élection et redécoupons les cantons. Vous allez voir ce que l’on va gagner !
Sauf que, nous dit le même rapport KPMG, nous sommes là aux marges (gain possible de l’ordre de 0,1% du budget de chacune des collectivités) pour autant qu’il y ait un gain. Faire cette réforme revient en effet à contraindre ces élus locaux à assurer un mandat à temps plein. C’est faire de leur mandat une profession et, indépendamment de la question de fond que cela pose à la démocratie que la représentation locale par des professionnels de la politique, il faudra bien prendre en compte aussi la question de leur couverture sociale (pour l’instant il n’y en a pas), de leur régime de retraite (pour l’instant il n’y a rien de construit) … Il est loin d’être sûr qu’au bout du compte il y ait quelque gain que ce soit à diviser par deux le nombre des conseillers généraux et régionaux.
Et cela, Monsieur Sarkozy le sait pertinemment…
Alors pourquoi ce projet ? Ce n’est pas le moment de déstabiliser les collectivités en temps de crise, je l’évoquais dans mon papier précédent… Cela n’engendre aucune économie significative et cela risque de dégrader fortement le service public local …
Alors pourquoi ? J’y reviens dans mon prochain post.