En direct du congrès de l'ADF
Quelques mots de Clermont Ferrand.
J’y représente notre Département au congrès de l’Assemblée des Départements de France, y remplaçant Jean Louis Destans qui ne pouvait s’y rendre… C’est le rôle normal d’un vice-président et je m’y prête de bonne humeur.
L’ordre du jour se structure autour de la réforme annoncée des collectivités territoriales et de la suppression de la taxe professionnelle qui vient en étrangler les finances et que le gouvernement présente comme la quintessence d’une réforme de la fiscalité.
Sarkozy m’étonnera toujours par son aplomb et son aisance à distiller son poujadisme… C’est son ministre de l’intérieur Brice Hortefeux qui le relaye aujourd’hui. Il n’a pas son talent et la salle le chahute quelque peu.
Lancer cette réforme des collectivités territoriales aujourd’hui est une ânerie.
Je ne prétends pas qu’il ne faille rien réformer. Loin de là et ce n’est de toutes façons pas la question.
Seulement le faire aujourd’hui, prendre le risque de limiter la visibilité des collectivités, de les déstabiliser au moment précisément où on leur demande d’investir dans le cadre du fameux plan de relance est contre-performant.
Parce qu’il nous dit quoi monsieur Sarkozy ?
Il nous dit qu’il faut faire repartir la France. Qu’il faut donc relancer l’investissement public.
Soit !
Mais l’investissement public, c’est au trois quart les collectivités qui le portent. Il leur faut donc avoir recours pour tout ou partie à l’emprunt … Et voilà que le même Sarkozy supprime la taxe professionnelle, ne garantit aucune recette de substitution qui s’inscrive dans la durée, menace dans leur existence même les Départements… Pour résumer, il les installe dans la précarité et leur demande en même temps d’inscrire leur action dans l’avenir.
Paradoxal non !
Mais ce n’est ni le seul paradoxe de Sarkozy ni la seule contre-vérité qu’il nous assène en la recouvrant d’une bonne couche de soi-disant bon sens populaire.
Je reviens dans mon prochain papier sur cette réforme et particulièrement sur les discours paradoxaux de monsieur Sarkozy quant à la dépense publique des collectivités et les supposées économies qu’engendrerait sa volonté de simplification du maillage de la démocratie locale.