CHS blues

Publié le par Gerard Silighini

Balade superbe à moto, comme l’un des passagers de la parade des Harley Davidson ce matin. Et je remercie Daniel, le passionné qui m’a emmené.

Je n’ai pas une grande culture ni une grande pratique de ce genre d’engins et je dois avouer que, mises  à part une expérience de Flandria  49,9 cm3 dans un très lointain moment de ma vie et une autre de vélo-solex, je n’ai  jamais vraiment pratiqué le deux roues à moteur. Je dois reconnaître pourtant que c’est un mode de locomotion agréable et je comprends la passion de ceux qui y consacrent leurs  loisirs … Même si je m’interroge sur l’impact environnemental d’un loisir motorisé.

Autre plaisir de ce dimanche matin : une longue promenade avec ma chienne le long de l’hôpital psychiatrique de Navarre.

Le climat du CHS se dégrade en ce moment et les affiches qui y fleurissent marquent les questions et les angoisses du personnel. Il est vrai que le CHS est en surcharge et, ce qui pouvait passer jusqu’alors pour des pics d’activité exceptionnels, devient la norme ces derniers mois.

Ce sont sur des matelas à même le sol et des lits de camp que sont accueillis les patients qui arrivent au-delà de la capacité d’accueil de l’établissement.

Au-delà de la question matérielle, il y a aussi celle de l’encadrement, c'est-à-dire celle des personnels qui doivent prendre en charge  de plus en plus de patients dans des conditions de plus en plus difficiles.

La construction du nouvel hôpital est un élément de réponse mais, même si le dossier avance bien (nous sélectionnons l’équipe d’architectes début octobre), la réponse demeure encore lointaine et c’est aujourd’hui que les personnels désespèrent.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si c’est précisément aujourd’hui qu’ils désespèrent.  La psychiatrie est  en effet l’un des lieux censés amortir le choc de la morosité ambiante partout dans la société, le choc des tensions fortes dans le monde du travail.

Ce sont ces tensions  qui, par exemple, mènent au suicide des employés de France télécom mais qui mènent également à la dépression et au suicide  bien d’autres personnes cassées par des pressions identiques dans d’autres entreprises moins médiatisées mais où l’ambiance est tout aussi délétère.

Monsieur Darcos peut parader ensuite en convoquant le Président ou le directeur de France Télecom. Ils ne font finalement que gérer leur entreprise dans le respect des règles d’un droit du travail revu et corrigé par ses amis sous l’autorité de monsieur Sarkozy.  

Pour en revenir à la situation du CHS, je sais que son directeur met en place dès lundi matin une cellule de crise pour répondre le mieux possible et le plus vite possible aux difficultés que révèle un mouvement des personnels qui semble aujourd’hui dépasser le seul dialogue institutionnel. J’y ferai sans doute une visite.

J’ai pour ma part une confiance absolue en monsieur Killian qui dirige cet hôpital avec passion et une grande efficacité. Je connais son sens du dialogue et sa volonté d’organiser le service public le plus performant pour les malades . Il sait pouvoir compter, pour ce faire, sur la compétence et le dynamisme des personnels … Mais à condition qu’ils ne doutent pas.  A condition qu’ils se sentent entendus, écoutés … Pas tant par la direction qui fait ce qu’elle peut que par une tutelle dont on a le sentiment que sa volonté de réduire à tout prix les dépenses de santé fait oublier que la psychiatrie, à la différence d’autres secteurs de la médecine, c’est d’abord des moyens humains et qu’un hôpital psychiatrique ,  c’est un lieu de soins mais c’est aussi, de fait, un lieu de vie.

Publié dans vie locale

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M
Au président du CA du CHS Merci pour cette prise en compte des difficultés du CHS avec des mots qui traduisent bien ce que traverse actuellement  les personnels.  Cette sitruation caractérisée par un  manque de moyens en effectifs et en lits mais aussi en structures alternatives à l'hospitalisation entrainent des  effets négatifs  sur la qualité des soins dispensés. Et la nouvelle loi hospitalière dite Bachelot  ne devrait malheureusement que précipiter toujours plus la gestion hospitalière vers les conceptions de l'hôpital/entreprise. Les soins ne sont pas des marchandises et les patients ne sont pas des clients.Persuadé que nous nous  retrouverons autour de la défense  du service public de psychiatrie auquel nous sommes attachés et que les luttes du personnels favoriseront la mobilisation et seront les moteurs de la prise de conscience de tous.Trés cordialement.Michaël DESPRES cadre de santéAdministrateur CGT du personnel
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G
<br /> Je ne serai malheureusement pas là à l'Assemblée Générale du 22.<br /> Je représente le département au congrès de l'Association des Départements de France à Clermont Ferrand les 22 et 23.<br /> Mais nous aurons d'autres moments pour partager ce combat que nous menons ensemble, chacun avec les moyens qui sont les nôtres, mais tous deux convaincus que la santé n'est pas une marchandise et<br /> qu'il faut soutenir le service public.<br /> bien cordialement<br /> <br /> <br />