Jour d'été
1er juin, nous courons vers l’été.
Je profite de ce week-end prolongé par un lundi de pentecôte ex férié pour bricoler un peu et renouer avec mes longues balades en forêt.
Hier je marchais très tôt le matin, en bordure de bois sur le plateau vers Gauville, quand soudain, jaillissant des frondaisons, un chevreuil magnifique me coupe la route poursuivi par ma chienne qui vient de le débusquer.
Je la siffle, elle revient à mon pied, ne sachant si elle doit être fière ou penaude…
1er’ juin : le RMI est mort, vive le RSA !
Le Revenu Minimum d’Insertion, c’est la gauche qui l’a mis en place sous le gouvernement Rocard de 1988. Il s’agissait de déployer un filet de sécurité (si l’on peut parler ainsi d’une allocation de survie de moins de 500 euros), pour pallier la montée du chômage et la perte totale de ressources…
On connait la suite : les centaines de milliers d’allocataires tombant dans ce filet de sécurité et regardant, avec effarement ces dernières années, descendre doucement, venus d’un autre monde et atterrissant dans des régions plus sereines, les parachutes dorés.
Que le RMI se transforme, 20 ans après, en RSA n’est pas scandaleux, au contraire.
Il s’agit de favoriser le retour à l’emploi.
Il s’agit aussi de s’intéresser non seulement aux chômeurs mais aussi aux travailleurs pauvres dont le nombre va croissant.
La rencontre de Jean Louis Destans et de Martin Hirsch aura fait que le Département de l’Eure soit un précurseur en la matière et j’en suis fier.
1er juin, c’est aussi la chute de Général Motors, l’un des symboles de l’Amérique insouciante, de l’Amérique conquérante, d’un capitalisme d’un autre temps…
Il ne faudrait pas que l’on s’endorme ni que l’on s’habitue à la crise !
Ce sont encore en France près de 60 000 chômeurs de plus en avril et les dispositifs de solidarité vont être mis de plus en plus à contribution.
Dans ce contexte, le débat sur l’Europe a, paradoxalement, beaucoup de mal à s’affirmer.
Peu d’informations sur la campagne, sauf quelques coups de projecteur médiatiques franco-français qui donnent plus de place aux états d’âmes de personnalités ou de groupes politiques qu’ils n’en donnent à l’impact des instances européennes sur notre quotidien ou à la place que pourrait prendre l’Europe dans la reconstruction d’équilibres différents, d’un contrat social différent.
Quand je lis par exemple dans les commentaires d’un blog local la contribution au débat d’un de mes concitoyens qui se contente de dire : « Il parait que Rachid serait exclu du PS… Puisque c’est comme cela je vais voter Mo-dem », indépendamment du fait que son « information » relève plus de la rumeur colportée par deux blogs que d’une réalité avérée, je suis stupéfié du décalage de l’argumentaire.
Mais sans doute n’animons-nous pas suffisamment le débat et ne savons-nous pas le recentrer sur l’essentiel.
Le militantisme peut-il pourtant lutter contre l’hypermédiatisation qui fait de la politique un spectacle susceptible d’engendrer plus ou moins d’audience télévisuelle et donc de revenus ?
Il est des moments où, lorsque je considère la tendance blogueuse locale à résumer localement une politique tout aussi locale en une agitation d’Ego, je finis par en douter.