La fin de Vatican 2

Publié le par Gerard Silighini

Il est rare que je m'exprime sur les positions de l'Eglise catholique...
Mais ce n'est pas tous les jours non plus que ses plus hautes autorités, le pape en l'occurrence, mettent sur le devant de la scène un négationniste avéré ... Après Dieudonné cela va finir par devenir une mode !
Ce qui m'inquiète et qui me conduit à me mêler des affaires d'une Eglise à laquelle je ne me suis plus interessé depuis des années , c'est que derrière l'arbre bien voyant qu'est Mgr Williamson, se cache toute la forêt d'un intégrisme bien peu enclin à vivre sereinement une société laïque.

Croire ou ne pas croire en Dieu relève de l'intime.
Mais l'idée que l'on a de Dieu et de sa relation avec l'homme conduit à des organisations sociales étonnantes, doucement nostalgiques (souvenons nous par exemple de la gentillesse de la communauté Amish que nous montre le film Witness) mais aussi parfois à des organisations terrifiantes, à une dictature du religieux.

Ce qui fonde les communautés intégristes catholiques, ce n'est pas tant l'attachement à un rituel. Même si je dois reconnaître que l'esthétique d'une grand messe en latin est bien plus  grandiose que la messe d'aujourd'hui dont les règles ont été simplifiées par le concile Vatican 2. Peut-être d'ailleurs suis-je plus sensible à ce rituel parce qu'il a le parfum des messes de mon enfance où je servais  comme enfant de choeur.

Mais derrière les différences de rituel, il y a des conceptions opposées de la relation entre l'homme et Dieu.
Les traditionnalistes éloignent Dieu de l'homme et lui donnent la distance qu'il sied à un juge qui est d'ailleurs en même temps enquêteur auquel rien n'échappe, juge et bourreau.
On ne s'adresse pas directement à Dieu mais on passe par la médiation d'un prêtre qui  parle durant le rituel une langue que nul autre que Dieu ne comprend et qui tourne le dos aux fidèles.
Quant à la loi de Dieu que seule l'Eglise est capable d'interprèter, elle prévaut sur tout.

Il y a, plus qu'en germe  dans cette posture, la négation de tout organisation sociale laïque possible, la négation même de la liberté de l'homme et de toute vie sociale qui ne reposerait pas sur la loi divine réputée fondamentale

Le rituel de Vatican 2 se réfère à une toute autre image de la relation entre l'homme et Dieu et met davantage en exergue pour Dieu un rôle plus paternel, beaucoup plus proche de ses enfants tel que le décrivent les Evangiles.
Il ne faut pas oublier que ce n'est pas de rois, d'ors et de rites complexes que s'entoure le Christ dans la tradition mais bien de pêcheurs, de bergers, de gens simples, de gens de la vraie vie.
C'est cette toute autre conception qui se concrétise alors , dans le rituel, avec un prêtre qui fait face à la foule des fidèles, qui anime un dialogue avec Dieu que tous peuvent comprendre et auquel chacun participe.
Bien sûr il s'agit toujours de religion et donc de lois fondamentales. Mais il s'agit cette fois d'une religion qui renoue avec l'intime et sera donc plus encline à accepter la laïcité des organisations sociales et de l'Etat.

Le choix du pape Benoît 16 n'est finalement pas un choix anodin

Pour ma part, je serais plutôt agnostique et je crois plus en l'homme qu'en Dieu ... Même quand  souvent l'homme me désespère.

Mais j'ai tout de même du mal à ne pas réagir quand je vois l'Eglise officielle des catholiques revenir doucement à d'autres moments de son histoire dont certains auront été peu glorieux pour ne pas dire honteux... Et qu'elle est capable alors  d'aller jusqu'à rétablir dans sa crédibilité religieuse un évêque qui aura publiquement nié l'indéniable: l'extermination de millions de juifs par les nazis sous le "non-regard" de responsables venus de tous horizons qui préfèraient, dans le meilleur des cas, se cacher la tête dans le sable.

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A
Les quatre évêques ne sont pas réintégrés, la sanction est levée c'est tout mais rien n'est joué. Là je parle de droit canon. Les pauvres de coeur ne sont pas les simples d'esprit, mais ceux qui sont capables d'accepter leur faiblesse, les béatitudes ne sont pas à prendre au pied de la lettre. Il y avait des intellectuels chez les apôtres, Mathieu, de tout même, de Zachée le voleur à Mathieu le publicain, en passant par des pêcheurs, une prostituée, un collabo, un résistant zélote, Judas etc...Jésus était un rabbi itinérant comme il y en avait beaucoup à l'époque, dont le fameux Simon le magicien qui accomplissait lui aussi des miracles. C'est en cela qu'il énervait les prêtres qui le prenaient pour un clochard exalté.
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M
pour ma part, je me réfère, dans ma foi, au Christ de l'Evangile, si bien décrit par toi, Gérard, plutôt qu'au Jésus de Nazareth historique, même s'ils ne se séparent pas. D'ailleurs, même si le Christ se méfiait des prêtres et des "docteurs de la loi" de son époque  ( ce sont eux qui l'ont fait mettre à mort), tout en condamnant leurs comportements, il les aimaient aussi; Mais il s'émerveillait de ce que Dieu est plus accessible aux pauvres et aux simples d'esprit qu'aux Sages et aux Savant . Il nous a appris à pardonner et aimer même nos ennemis. ça nous dérange encore aujourd'hui... Mais on voit que l'histoire se répète ainsi depuis 2000 ans... Pour garder la foi (bien sûr, je parle pour moi, croyante pratiquante), continuons à nous méfier de certains prêtres, tel notre Pape, que le pouvoir n'arrange pas ... Pouvoir religieux ou politique... Comme dirait je ne sais plus qui, là oû il y a de l'homme, il y a de l'hommerie
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A
Le problème ce n'est même pas cet évêque qui a balancé une connerie grotesque, mais le fait que l'ambiance est à la tolérance suspecte envers ce genre de propos et que cela ne provoque pas plus de réactions finalement. S'il n'y avait que lui ce ne serait pas grave -un imbécile de plus en somme- mais on ne compte plus les élèves qui dans les écoles remettent en cause l'histoire de la Shoah.
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J
Croyant, pratiquant occasionnel, je suis profondément choqué non par la décision du pape, après tout c'est son affaire, mais par les propos tenus par cet évêque(?). Pour des propos similaires le Pen à été condamné à 15000 euros d'amende et 3 ou 6 mois de prison avec sursis.2 poids 2 mesures? 
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A
La réintégration des quatre évêques ne signifie pas leur réintégration pleine et entière de toutes façons contrairement à ce qu'ils prétendent. On dirait aussi que Williamson le négationniste le fait exprès d'être aussi c... finalement.Personnellement, je suis d'une génération plutôt ouverte quant à la foi, moins intransigeante en tant que catholique. Mais la génération qui vient tout de suite après dans l'Église est beaucoup plus dure, beaucoup plus rude, et très active politiquement. Je l'explique parfois du fait que les catholiques sont souvent assimilés à des fachos quel que soit leur discours, cela a pu provoqué cette réaction radicale."Corpus christi" est parfois brouillon et renanien irréfléchi, reprenant d'ailleurs des éléments fournis par l'école biblique de Jérusalem, école que je connais bien. Un dominicain me l'a certifié, on peut tout remettre en cause dans l'Évangile, tout, les dates, les lieux, cela ne devrait d'ailleurs pas remettre en cause la foi qui n'a rien de rationnel. Beaucoup de chrétiens ont peur de la vérité des faits car leur foi est en fait fragile. Croire c'est être certain que Jésus est ressuscité, sans pouvoir le prouver et savoir que l'Évangile n'est pas un récit historique, que ce soit les évangiles retenus par la tradition chrétienne ou les apocryphes.
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