Fromage ou dessert

Publié le par Gerard Silighini

Retour de Poitiers où j’étais en réunion hier et me voilà en séance plénière.

Débat de politique générale tout d’abord autour du discours de Jean Louis Destans…

Il ne s’agit pas de porter quelque critique systématique que ce soit sur l’attitude du gouvernement vis-à-vis des collectivités territoriales mais tout de même…

Nous sommes en pleine crise économique, on nous le dit suffisamment, et les  2,7 % de baisse de la production industrielle en octobre ou les 7 milliards de déficit commercial, déficit mensuel record, ou encore les 71 000 destructions d’emploi du troisième trimestre dont font état les URSSAF le confirment s’il était besoin.

Dans un tel contexte, il faut bien entendu déployer les outils de solidarité qui préserveront ou plutôt donneront simplement les moyens de survivre aux plus fragiles.

Il faut aussi forcer l’activité et cela passe par un investissement public renforcé.

Il ne suffit pas pour autant de lancer un ministre de la relance ni de relancer des lances sur l’institution départementale qui porte aujourd’hui, de par la dernière décentralisation, nombre de dispositifs de solidarité (RMI, RSA, Allocation Personnalisée d’Autonomie, Prestation de compensation du handicap etc.)

Et cela d’autant moins que l’investissement public, c’est quoi , ou plutôt c’est qui ?

A 73%, ce sont les collectivités locales et territoriales … Et non pas l’Etat.

Renforcer l’investissement public, c’est d’abord soutenir les collectivités …

En mettant en place une réforme des dotations aux collectivités et en intégrant, dans ce cadre, le Fond de Compensation de la TVA dans l’enveloppe normée, c’est très exactement le contraire que fait le gouvernement.

De quoi s’agit-il.

Dorénavant, les dotations d’Etat aux collectivités (43% des recettes de notre département) n’augmenteront pas au-delà du taux d’inflation… prévu plutôt court d’ailleurs !

Cette évolution se mesure sur l’enveloppe des dotations de fonctionnement auxquelles on ajoute allez donc savoir pourquoi le remboursement de la TVA que les collectivités ont payé deux ans auparavant dans le cadre de leurs investissements…

Plus notre Département va investir donc, plus il se verra raboter son enveloppe de fonctionnement … Or ce qu’on appelle fonctionnement, ce ne sont pas les dépenses d’administration. Ce sont les dépenses de solidarité ; c’est le RMI, c’est l’allocation versée aux handicapés ; c’est l’aide apportée aux personnes âgées ; c’est l’aide sociale à l’enfance. Etc.

Là où la crise économique avec toutes ses conséquences sociales exige que l’on déploie les dispositifs de solidarité ET que l’on soutienne l’emploi par l’investissement public, le gouvernement oblige les départements à ne faire que l’un OU l’autre et choisit ce moment pour remettre en cause la collectivité de proximité à qui il a donné la charge de la solidarité et qui est, de fait , l’un des principaux si ce n’est le principal investisseur public….

Mais que fait donc le ministre de la relance ?

Peut être préfère-t-il guerroyer pour la reprise d’une partie des collectivités dirigée par la gauche et le charcutage territorial et déployer ainsi l'UMP plutôt que travailler de façon cohérente à la relance de l’économie et le déploiement des solidarités nécessaires.

Voilà une forme de cohérence politique bien singulière.

Publié dans politique

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