Jeune Cité... Griffes en avant
Allez ! Une fois n’est pas coutume, polémiquons !
323 610 euros de déficit cumulé à Jeune Cité qui « pointe surtout du doigt le désengagement du Conseil Général » (Je cite Paris Normandie) qui aurait retiré depuis l’an dernier sa subvention de 67 000 euros.
Présenté comme cela, cela vous donne un petit coté associaticide au Conseil Général … Ce qui est un comble ! Je veux dire un comble de mauvaise foi … Parce que, pour le reste, chacun sait le travail accompli par le Conseil Général pour soutenir le tissu associatif, non pas en subventionnant l’action locale… Encore que… Mais par son rôle structurant, travaillant davantage à mettre à disposition des ressources partagées comme par exemple au travers de l’association Profession Sport Loisir.
Mais revenons à Jeune Cité.
Cette association, au cœur du quartier de Nétreville, je l’ai soutenue, défendue et je continuerai à le faire parce qu’elle est indissociable de l’histoire du quartier et indispensable à ce quartier. Elle est tout aussi incontournable à l’heure où, enfin, les pouvoirs publics, sous l’impulsion de la municipalité et en partenariat avec le conseil général, s’intéressent au quartier de Nétreville que la municipalité précédente avait purement et simplement ignoré.
Mais il faut qu’elle accepte l’idée que son environnement peut changer, que son organisation et ses modes de financement aussi.
Parce que cette affaire de subvention du Conseil Général, c’est quoi au juste ?
Pour résumer : Les départements ont dans leurs compétences la Prévention Spécialisée, ce qui couvre un champ très défini de la prévention.
Il y a des années de cela… bien avant 2001, donc bien avant que nous en ayons pris la barre, le Conseil Général de l’Eure s’en était un peu défaussé en finançant, entre autres associations, deux postes à Jeune Cité qui auraient dû être les supports du recrutement d’éducateurs de prévention spécialisée.
Jeune Cité en a fait tout à fait autre chose, préférant investir ces moyens dans des actions d’éducation populaire… Pour prendre une image, le Département a financé des plâtriers que Jeune Cité a unilatéralement décidé de transformer en plombiers qui relèvent eux de l’entreprise locale et non départementale … Et pendant ce temps là, on manque de plâtriers !
Le département a décidé, il y a deux ans, de reprendre sa compétence de Prévention Spécialisée tout de même scandaleusement délaissée et de la confier à Point Jeune, association plus transversale, dont la présence dépasse le territoire d’un quartier et s’étend sur tout le territoire de l’agglomération.
Il a donc repris les moyens qu’il avait placés dans différentes associations dont Jeune Cité ; il les a redéployés sur Point Jeune et ajouté quelques postes pour faire bonne mesure. Au total, la prévention spécialisée se trouve confortée.
A la Jeanne d’Arc à Navarre qui, comme Jeune Cité bénéficiait depuis des années de moyens au titre de la Prévention Spécialisée, pas de problème… Le support avait bien été utilisé pour ce qu’il était et non pas détourné de son objet … Financée pour un plâtrier, la Jeanne d’Arc avait recruté un plâtrier et non pas un plombier… Le plâtrier et son chantier ont donc été transférés sans douleur sur Point Jeune.
A Jeune Cité… Problème …
Si le département enlève l’argent destiné à payer des plâtriers, qui donc va payer les plombiers ?
Le Conseil Général a accepté de financer un an de plus à Jeune Cité les deux postes détournés de leur objet initial tout en créant les deux postes nécessaires à Point Jeune… C'est-à-dire que nous avons accepté de payer plombiers et plâtriers durant un an, mais durant un an seulement, pour permettre à Jeune Cité de se retourner, de trouver d’autres financements ou d’adapter la voilure à de nouvelles réalités et un nouvel environnement… Elle semble ne pas avoir su ou voulu le faire…
Voilà ce que recouvre en réalité l’expression « Désengagement du Conseil Général » que brandit « Jeune Cité »…Et je ne suis pourtant pas bien sûr que, dans l’affaire, ce soit le Département qui aura joué le mauvais rôle !
Après ce moment d’humeur, je continue pourtant à dire que Jeune Cité est incontournable, indissociable du quartier de Nétreville et qu’elle lui est indispensable. J’ajouterai que j’ai beaucoup d’estime, voire de l’affection pour cette association… Mais de grâce, qu’elle change un peu de registre dans la polémique !
A ma connaissance, le calage de la répartition des subventions municipales aux associations est loin d’être bouclé ; l’intérêt institutionnel que notre municipalité à initié pour le quartier, et que d’autres partagent aujourd’hui, est prometteur.
Cela dit, il y a urgence et il faut aller vite à présent pour sortir de l’ornière l’association et lui redonner un nouvel élan…Et je ne vois pas bien, dans ce contexte, à quoi peut lui être utile d’entretenir ces mauvais procès et de poursuivre ces combats d’arrière garde qui ne riment à rien et ne mènent qu’à conjuguer les aigreurs !