B le Maire ... Plus vite parti que Debré !
Fin de la séance plénière du Conseil Général hier vers 13 heures.
L’opposition a voté contre le budget… Question de principe sans doute puisqu’elle a par ailleurs accepté et voté pratiquement toutes les autres délibérations dont le budget n’est que la synthèse…
Elle n’a même fait que s’abstenir sur la délibération dont nous avons longuement débattu jeudi matin et qui demande à l’Etat le remboursement des quelques 31millions d’euros dont il est redevable au Département et qui concernent pour l’essentiel la solidarité.
Ce n’est qu’hier soir que j’ai appris la nomination de Bruno Le Maire au gouvernement…
Je pourrais, bien sûr, utiliser la formule consacrée et dire que sa nomination n’appelle de ma part ni opposition formelle ni enthousiasme excessif…
Je préfère le féliciter.
Il est marqué à droite. Il participe à un gouvernement de droite, ce qui est dans l’ordre des choses … Et il faudra continuer à se battre contre lui. Mais au moins ne manque-t-il ni d’écoute ni d’intelligence.
Pour le reste j’en discutais avec quelques rencontres qui me demandaient mon avis et « déploraient » son départ prématuré , ne fallait-il pas s’y attendre ?
Bruno Le Maire s’est parachuté à Evreux de connivence avec monsieur Debré. J’imagine qu’il cherchait une base locale, un tremplin pour déployer sa carrière.
Evreux ou ailleurs ! Pourvu que la circonscription soit garantie et Paris pas trop loin !
Ce qui me gêne, ce n’est pas l’arrivée d’un Bruno Le Maire qui aura été, et restera peut être, un opposant municipal constructif et d’un abord plutôt agréable …et qui sera sans doute un secrétaire d’Etat brillant …qui appliquera brillamment les directives Sarkoziennes ... Et là je suis un peu plus inquiet !
Ce qui me gêne et que je critique, c’est le principe même du parachutage de candidats Députés façon B. Le Maire ou, bien avant, Debré ou d'autres encore ...
A force d’accueillir des parachutés qui ne sont finalement que des mercenaires de la politique, on dénature notre République et on tue dans l’œuf ou en tout cas on ne facilite pas, dans les départements les plus touchés comme le nôtre, la maturation d’une classe de femmes et d’hommes politiques issus des territoires et aux parcours différents de l’ENA ou de normale sup…
On favorise les carrières au détriment, je le crains, des idéaux.
Là où l’Assemblée Nationale devrait être le lieu d’un foisonnement d’échanges et d’idées qui feront avancer le progrès social, on fabrique une assemblée de clones de l’archétype supposé du bon technicien de la politique, une assemblée de godillots et de thuriféraires du pouvoir en place…
Et quand le pays est dirigé, comme aujourd’hui par un Président de la République omniprésent, autoritaire, tonitruant et vibrionnant, il y a de quoi être inquiet.