Toussaint
Il me revient des souvenirs d’enfance, souvenir de journées grises que ne colorent que les dahlias et les chrysanthèmes que l’on va poser en famille sur les tombes. Souvenir aussi du ronronnement du poêle qui chasse l’humidité et nous écrase un peu de sa chaleur. Souvenir de chamailleries d’enfants…
Je n’ai pas eu le sentiment d’une ambiance de chamaillerie en revanche, que ce soit à la réunion de section de Routot où je suis allé défendre la motion Aubry mercredi soir ou à celle d’Evreux qui se tenait jeudi soir.
A Routot, le débat est serein, comme à l’habitude. J’avais déjà eu cette impression lorsque j’y étais allé soutenir la Candidature de Laurent Fabius, lors du débat présidentiel. Le débat s’y engage bien sur ce qu’il doit être . . . un débat sur la ligne qui sous-tendra l’action de notre parti.
Il y a bien l’affirmation de temps en temps des qualités de leader de tel ou tel et donc des défauts de tel autre, quelques coups de patte mais griffes rentrées et, dans l’ensemble, c’est d’abord un débat d’idées.
Il en est besoin.
L’après 2002 nous avait contraints en effet à un consensus mou autour de François Hollande. Il n’était pas d’autre choix à l’époque… sauf à accepter l’implosion d’un parti seul capable de rebâtir avec la gauche une alternative crédible à la main mise sur notre pays et sur l’Europe du libéralisme économique le plus caricatural. Nous avions donc occulté tout débat de fond au travers d’une synthèse patchwork qui aura conduit aux errements que nous avons connus ces dernières années.
Ce débat de fond, le voila enfin !
Il ne faut pas se tromper et ne discuter, comme je l’entends ici et là, que de qualités supposées de leader de tel ou tel. On ne va tout de même pas la jouer façon star-académie. . . Nous avons vu déjà ce que cela donnait.
Pour ma part, je veux un Parti clairement ancré à gauche et qui rompe ou envisage vraiment de rompre avec ce système vicié dont on mesure particulièrement les conséquences aujourd’hui, que ce soit en France ou là ou le capitalisme provoque des émeutes de la faim.
Je ne veux pas d’un consensus mou à nouveau, fût-il porté par la personnalité forte de Delanoë.
Je ne veux pas davantage d’une aile gauche renforcée mais minoritaire au parti.
Ce que je veux, c’est que l’ancrage à gauche rassemble.
Le texte de la motion D que signe Martine Aubry mais aussi Laurent Fabius, DSK et nombre d’élus locaux qui ont la politique chevillée au quotidien et qui savent bien les souffrances qu’infligent les outrances du capitalisme (je ne dis pas capitalisme financier. . . le capitalisme est financier par essence). . . Ce texte de la motion D est bien ancré à gauche. Il vise à ancrer à gauche le Parti dans son ensemble et non à être un lobby de gauche au sein du Parti…
C’est un texte qui, dès aujourd’hui, rassemble vraiment.
Prenons la peine de le lire avant de voter par habitude ou de ne voter que pour le charisme d’un leader sans avoir goûté d’abord la soupe qu’il propose.