Tous responsables

Publié le par Gerard Silighini

On ne parle plus partout que de la crise financière et je viens de lire dans les brèves du journal  Le monde sur internet que la bourse continue de baisser à Paris.

Le gouvernement et le Président de la République tentent de rassurer une population légitimement inquiète et stigmatisent au passage des chefs d’entreprise ou des patrons de banque dont les parachutes dorés sont, nous disent-ils, scandaleux.

C’est vrai qu’ils le sont. Mais faire porter la responsabilité de la crise à quelques-uns seulement est sans doute un peu facile.

C’est en fait une responsabilité largement partagée et c’est tout un système qui est en cause, économique, politique, social. C’est tout un système de valeurs .

Prôner par exemple un régime de retraites par répartition où ce sont les cotisations des actifs qui vont assurer le moyen de vivre aux anciens, c’est faire le pari d’une activité stable, d’un emploi facile à trouver et donc du travail partagé.

Prôner à l’inverse un régime de retraite par capitalisation, ce n’est plus faire le pari de la solidarité mais au contraire celui d’une rentabilité simplement financière de placement, de ses propres placements, y compris si cette rentabilité implique des délocalisations d’entreprises qui tueront l’emploi local.

C’est un système qui peut faire que les grands-parents, pour survivre, mettent au chômage leurs petits-enfants.

Je sais que disant cela je suis caricatural, mais ne sommes nous pas en plein dans une crise économique qui devient caricaturale et invite à la caricature ?

Je ne voudrais pas stigmatiser à mon tour tous les petits porteurs anonymes qui voient aujourd’hui leur portefeuille revenir au niveau de 2004 alors qu’ils avaient tant d’ espérances en cette fortune virtuelle que leur promettaient les banques mais, au-delà des banques, la vox populi portée tant  par la rumeur que par les médias.

 On se souvient encore du discours très prégnant lors des premières privatisations. Il fallait réserver ses actions. Elles risquaient de n’être servies qu’en quantité limitée mais pour chacun ce serait la fortune garantie à terme, une tirelire en béton armé. Et les Politiques n’ont pas été les derniers à entretenir le propos.

Aujourd’hui, Il n’y a pas d’autre choix que de sauver le système parce qu’il est tellement ancré partout, parce qu’il est tellement tentaculaire que ne pas le sauver provoquerait une crise sociale sans précédent.

Imaginons les conséquences d’une récession qui accentuerait très fortement le chômage, limiterait la capacité d’intervention des pouvoirs publics, y compris des collectivités territoriales qui ont aujourd’hui la charge de l’action sociale.

Mais s’il n’y a pas d’autre choix que de tenter de sauver le système aujourd’hui, il importe que demain nous sachions le remettre en cause en profondeur. Et quand je dis le remettre en cause en profondeur, cela va bien au-delà du bricolage de Sarkozy qui ne serait que supprimer à grand renfort de communication quelques parachutes dorés, et dépoussiérer un peu l’ensemble au grand plumeau d’une indignation soudainement moralisatrice.

Je suis pour ma part loin d’être certain de la compatibilité entre le souci de l’éthique et ce prêt à porter de la pensée économique et sociale qu’est devenu le libéralisme.

Or, au-delà de la crise financière, de la crise économique et de la crise politique, c’est bien aussi à une crise de l’éthique que nous sommes confrontés.

 

Publié dans politique

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A
Ce qui m'abasourdit est que si peu de personnes remettent en cause ce système inique, car une fois sauvé, les mêmes errements se répèteront, et ce n'est pas en créant de nouvelles autorités de régulation que cela changera; On le sait. Il faudrait commencer par baisser les taux des emprunts des particuliers. Encore une chose, connaissez-vous le salaire du patron de la Société Générale ? Qu'il s'octroie comme les autres patrons alors que la Crise fait rage. Il donne le vertige. De plus, cette crise nous pose la question, sommes nous de gauche pour de bon ou pas ?
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P
bonjour,Difficile de na pas être d'accord avec le sauvetage du système bancaire mais une fois de plus nous sommes obligés de constater que le système capitaliste est pour la privatisation des bénéfices et la collectivisation des déficits.La crise qui a gagné l'ensemble du monde était prévisible, pour les banquiers et les centraux particulièrement depuis février 2007 avec la crise des subprimes.La question que nous devrions nous poser pourquoi toutes les autorités chargées des systèmes prudentiels et des contrôles des ratios de solvabilité des banques n'ont rien dit et rien fait
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A
Cher Gérard, Je suis bavard mais il y a deux chiffres que je veux absolument citer ici. Il suffirait de 30 milliards d'Euros par an pour assurer la sécurité alimentaire de tous sur terre, personne ne les sort. On vient de débourser 80 milliards pour nationaliser des assurrances en Angleterre, et il y a une proposition qui circule pour sortir 300 milliards pour aider les banques.
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P
Bonsoir Gérard,Le" bal" des dirigeants américains et européens n'a pa permis pour l'instant d'éradiquer cette crise financière grave qui traverse l'économie mondiale comme un ouragan dont personne ne sait à quel moment il va perdre de son intensité. Nos gouvernants essayent par tous les moyens de rassurer la population, les banques, les épargnants et les  PME,  mais agissent malheureusement, comme des sapeurs pompiers non "qualifiés" qui essayent d'éteindre des départs de feu sans  y parvenir .Le libéralisme financier basé en grande partie sur des valeurs fictives, voit aujourdh'ui sa dominance remise en question, et c'est une bonne chose pour l'avenir de nos enfants.Certes, la crise financière touche de plein fouet l'économie mondiale dans son ensemble, et engendra de fait du chômage et par ricochet la baisse du pouvoir d'achat,  mais servira à repenser tout le système financier mondial.    
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A
Éthique ? ... Vous avez dit éthique ?Voila bien une science qui est, me semble-t-il, en voie de disparition totale, qu'il s'agisse d'éthique individuelle, d'éthique sociale ou autre.Si, du gouvernement à mon voisin de palier, en passant par toutes nos administrations, ce mot voulait encore dire quelque chose, la vie serait ... plus "humainement vivable".Et quand on ose prononcer ce mot dans certains milieux, c'est presque "un gros mot" !!!
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