Agacements
Agacement de voir l’émotion utilisée comme ascenseur médiatique. J’ai appris la mort d’une gamine tuée par un chien et j’en suis meurtri.
La mort d’un enfant est injuste… Toujours injuste… J’ai encore en mémoire ce texte de Camus, dans la Peste, qui nous fait passer, autour de la mort du jeune fils Othon, de l’Absurde à la Révolte.
La mort d’un enfant est injuste et, quand elle survient de façon aussi stupide, aussi évitable, elle n’en révolte que davantage.
Faut-il pour autant que le ministre de l’intérieur, plagiant ainsi son patron, s’en empare et occupe la scène médiatique, surfant sur l’émotion et transformant la réalité de ce drame en un scénario politicien ?
Je ne m’habitue décidément pas à cette politique de l’émotion.
Agacement … et indignation lorsque j’entends le silence assourdissant du ministre de l’intérieur après qu’à Argenteuil, un maire de son obédience politique décide de déloger des sans logis en aspergeant les lieux qu’ils fréquentent de malodor, un produit répulsif et, semble-t-il, toxique…
Mais peut-être s’est-elle exprimée et ne l’ai-je pas entendue… Je ne crois pas en tout cas qu’elle ait parlé d’enquêter, de légiférer… Apparemment il n’y a pas pour elle urgence en la matière.
Bonheur en revanche de savoir que les services municipaux ont refusé d’exécuter cet arrêté , considérant qu’il ne peut être question de traiter des hommes comme des rats.
Agacement, indignation et … Mais c’est le Père Ubu… quand j’entends sur les ondes un représentant de la préfecture soutenir la reconduction à nos frontières de cette jeune Nigérienne dont j’ai déjà parlé en disant qu’on ne fait là qu’appliquer la loi…
Mais, si la République, dans sa grande sagesse, a mis en place des fonctionnaires d’autorité, c’est bien pour qu’ils soient capables de prendre en compte le cas particulier, sans pour autant sortir de l’esprit de la loi.
Voilà une jeune Nigérienne au cinquième mois de sa grossesse.
Le père de l’enfant est Français et la mère est en situation irrégulière.
L’enfant, reconnu par son père, sera Français et, dans quatre mois, après avoir accouché, la maman pourra légitimement venir en France avec son bébé français…
Appliquer la loi aujourd’hui consiste-t-il vraiment à renvoyer la mère pour quatre mois au Nigéria ?
Absurde ou révoltant ?
Et en admettant même que cette reconnaissance de paternité ne soit que de complaisance, ce que penseront bien sûr quelques esprits grincheux, permettre à cette jeune maman de résider en France déstabilisera-t-il vraiment notre système social ?
Je ne peux, moi, m’empêcher de rapprocher plutôt cette information des déclarations de monsieur Hortefeux, ministre de l’immigration et de l’identité nationale, qui évoquait il y a peu le risque pour que son quota de reconduites de clandestins à la frontière ne soit pas atteint…
Il y a des moments où le terme de quota ressemble fort à un mot grossier.
Agacement enfin quand j’entends « Rénover » le Parti Socialiste à tout va !
On s’exprime beaucoup avant « La Rochelle ».
Mais au fait, rénover c’est quoi ?
C’est renoncer à quoi au profit de quoi ?
La solidarité et la laïcité, la fraternité et l’égalité, la liberté et le respect de la liberté de l’autre sont, entre autres valeurs que je veux miennes, des fondamentaux auxquels je ne suis pas disposé à renoncer.
Si rénover, c’est juste prendre le pouvoir sur un parti.. et plus si affinités, cela ne m’intéresse pas.
Si rénover, c’est en revanche organiser le parti pour que ces valeurs soient mieux défendues et partagées encore… Alors, pourquoi pas !
Je ne peux en tout cas, pour ma part, me satisfaire de ce que propose le gouvernement aujourd’hui derrière ses rodomontades autour de faits divers et que l’on peut, après le « paquet fiscal» et juste avant la TVA sociale, résumer dans ce quasi mot d’ordre Uêmepique :
Pauvres ! Cotisez vous pour garder vos riches ! Ils sont peut être votre avenir...