Rentrée
Plus que deux jours de ces semi-vacances qui durent depuis bientôt un mois.
J'aurai pris le temps de lire un peu, de parcourir quelques sentiers avec ma chienne et de bricoler dans mon jardin.
Vacances normandes, vacances pluvieuses également et vacances un peu studieuses.
Le ciel est toujours aussi gris aujourd'hui et la presse télévisée affiche un sourire un peu commercial pour nous assener quelques papiers d'été entrecoupés d'une visite des rayons de rentrée des grandes surfaces...Et puis des faits divers, encore des faits divers, toujours des faits divers développés avec une gourmandise un peu malsaine.
Monsieur Sarkozy s'en empare. Il commente, il légifère, il projette, il ne prend même plus la peine d'agiter ses marionnettes.
Mises à part une brève intervention de madame Lagarde qui nous promet une croissance solide avant d'en admettre la fragilité, ou de monsieur Kouchner qui va à Bagdad cautionner la politique américaine, monsieur Sarkozy occupe tout seul son petit théâtre médiatico-gouvernemental comme un monsieur Loyal mâtiné d'homme orchestre...
Mais voilà que j'oublie madame Dati, sa vibrionnante concurrente en gesticulations....
Pendant ce temps, à Evreux, ce sont cinq ressortissants étrangers qui sont arrêtés pour reconduite à la frontière dont Mercy, jeune femme de 25 ans et enceinte de cinq mois d'un père français qui va, au bout de 18 mois sur notre territoire, être reconduite au Nigéria.
Je sais qu'on ne peut accueillir toute la misère du monde sur notre territoire mais est-ce pour autant qu'il faudrait s'en désintéresser ?
Au fait, dans quel coin va-t-elle atterrir Mercy ?
Là où règne la Charia et où, il y a deux ou trois ans, on parlait beaucoup de ces femmes condamnées à la lapidation pour avoir eu un enfant hors mariage ?
On n'imagine pas l'impact de ces reconduites à la frontière et ce sentiment d'insécurité que vivent nos voisins d'origine étangère, y compris quand ils sont en situation régulière.
Je suis passé hier à la Farandole, y rencontrant quelques femmes, quelques habituées d'origines diverses... Maroc, Zaïre, Algérie ou de différentes régions de France.
Elles parlaient vacances, enfants, recettes.
Elles partageaient les jeux des gosses...
Puis l'une d'elle a évoqué une jeune maman du Kosovo.. Elle faisait partie du groupe et ses enfants venaient jouer là aussi.
Elle dépose un dernier recours avant de devoir elle aussi quitter notre ville entre deux policiers... Comme une criminelle...
Parmi ces femmes qui discutaient, il en était qui revivaient leur angoisse d'il y a quelques années, quand elles aussi ne savaient si elles allaient pouvoir rester.
J'ai passé une heure à la Farandole, dans une ambiance chaleureuse...
Il est besoin de multiplier ces lieux de rencontre, ces carrefours de culture...
Il n'y a plus de lavoirs communaux où, comme on le disait en Lorraine, les femmes venaient couarailler.
Il n'est plus beaucoup de lieux où se rencontrent les générations...
La solidarité dans nos villes ne demande qu'à s'exprimer...
Donnons lui en les moyens !