Le repas du golf

Publié le par Gerard Silighini

Je n'y étais pas à ce repas que l'on m'a raconté et où l'ex-maire d'Evreux faisait ses adieux à sa majorité municipale et lui donnait ses dernières recommandations.

A ce propos d'ailleurs, je note qu'il n'a pas fait d'adieux à l'ensemble du conseil municipal... Mais peut être nous adressera-t-il plus tard une carte postale du conseil constitutionnel histoire de ne pas montrer qu'il méprisait son opposition au point d'en être discourtois.

Il a insisté sur la nécessité pour sa majorité de respecter son héritage et donc de rester unie, particulièrement le jour où serait élu son dauphin .

Les choses sont pliées.  La presse a déjà annoncé le nom du nouveau Maire. Le conseil municipal de lundi ne sera donc que bien formel.

Et pourtant je serai candidat contre Nicolas...

En 2001, nous avions refusé de participer au vote. Les Ebroïciens venaient de donner à monsieur Debré une majorité confortable et c'est un choix que nous voulions respecter... Nous avions simplement dénoncé, à l'époque, le refus de donner à l'opposition municipale un minimum de représentation dans les 18 sièges de délégué à la Communauté d'Agglomération.

Aujourd'hui, le contexte est différent. Au bout de six années, il est temps de dresser un bilan de la politique menée et de décoder ce que recouvre tel ou tel choix de la municipalité... Enfin, du noyau dur de la municipalité...

Quelle conception d'une politique culturelle municipale faut-il lire par exemple dans le choix de réaliser un minibercy dans lequel on aurait noyé la Smac? Quelle conception de politique municipale des sports faut il lire dans la mort programmée de l'OMS (Office Municipal des Sports) que dénonce aujourd'hui dans Eure Info son président ? Quelle conception de politique urbaine faut-il lire dans le refus de maîtriser le foncier de friches industrielles comme celle de Navarre? Quelle conception de l'équilibre de l'habitat faut-il lire dans l'Opération de Rénovation Urbaine de la Madeleine quand elle se double d'une résidentialisation renforcée du centre ville au travers de projets de promoteurs ?... Et il en est bien d'autres de ces questions.

Choisir que Michel Champredon présente ma candidature lors du conseil municipal de lundi et ne pas présenter d'autre candidat (Ce que les Verts auraient pu faire puisqu'ils annoncent qu'il préparent une liste pour le premier tour de 2008), c'est, pour l'opposition municipale, marquer sa volonté d'union, sa volonté de proposer aux Ebroïciens une alternative.

Choisir de proposer un candidat, c'est aussi marquer que l'arrivée de Nicolas n'est pas neutre... Ce n'est pas la continuité.

Un ami nous disait hier, lors d'une réunion où nous avons défini une méthode de construction d'un projet municipal, que Debré avait une image de Républicain, de Gaulliste avec une image sociale authentique telle que pouvait l'avoir le Général de Gaulle...

Nicolas, c'est l'ombre de Sarkozy... Il n'a rien à voir avec le gaullisme.

Ce que je ne parviens pas à comprendre, c'est comment les conseillers municipaux de la majorité qu'il a souvent méprisés...  peuvent accepter sans réticence de voter pour lui... Comment même avec réticences il peuvent accepter de voter pour lui.

J'en ai entendu souvent qui s'en plaignaient.

J'en ai entendu souvent qui désespéraient de ne pouvoir travailler, convaincus qu'ils étaient qu'ils seraient censurés, désavoués...

J'en ai entendu souvent dire qu'ils étaient venus par amour de leur ville et parce qu'ils voulaient travailler pour elle sans "faire de politique"... Et voilà qu'ils désignent comme Maire le secrétaire général départemental de l'UMP qui s'était, en 2001, caché derrière une Première Adjointe aujourd'hui laissée de coté...

Voilà que, en même temps que Monsieur Bayrou vient à Evreux chanter son "Ni droite ni gauche... Il faut renoncer à ces clivages désuets...", ceux qui se recommandent de son mouvement, ceux qui s'apprêtent à le suivre vont voter clairement à droite le même soir et asseoir dans le fauteuil du maire le plus Sarkozien des adjoints actuels...

Il parait que Nicolas leur ferait peur...A moins que ce ne soit simplement l'application du "ni droite ni gauche" cher à monsieur Bayrou et qu'il faut traduire par "à droite toute"

Lamentable !

A ne pas suivre

Publié dans politique

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C
Merci. Ce que j'ai omis d'ajouter dans cette énième analyse, c'est ce fait nouveau en 2007: Pour la première fois depuis des décennies, les deux favoris de la présidentielle sont de "nouveaux candidats". Jusqu'ici, une personnalité d'envergure devait s'y reprendre à deux ou trois fois avant d'être plébiscité, si l'on peut dire, par les électeurs. Là, dans cette élection, un élément m'inquiète: dans les quatre "favoris", il y en a deux qui ont au moins deux participations chacun à une élection présidentielle. Et la récente déclaration de NS en faveur d'un ministère de l'immigration peut conduire l'électorat à considérer qu'entre "la copie et l'original", finalement, "l'original" est préférable. Si les deux candidats les "plus anciens" se retrouvent au 2è tour...que se passe-t-il ? On dit souvent, et cela se vérifie: "rien ne sert de courir, il faut partir à point". NS est parti tellement tôt que ce martelage devient quotidien. NS-SR, SR-NS. Maintenant, c'est NS-FB-SR. On oublie les autres...les "petits", ceux que les sondages feignent d'oublier, ne créditent que de 2% maximum (Arlette Laguiller a fait bien plus par le passé, Olivier Besancenot aussi) et je salue au passage le dynamisme du "facteur", même si je n'en partage pas les idées. Alors qu'en 1965 il ne fallait que 100 parrainages, là, c'est devenu 500. Pourquoi tant de limites, alors qu'une telle élection, c'est l'occasion pour chaque citoyen convaincu de ses missions et qui a envie de s'exprimer de le faire ? Au XIXè, la démocratie était confisquée par le suffrage censitaire. 30 000 électeurs au mieux pour une population de 45 millions d'habitants. Là, c'est mieux, mais si tous les blogs, toute cette surmédiatisation pouvait au moins donner envie aux 40% d'abstentionnistes d'aller voter...alors ce serait le principal, ne croyez-vous pas ? Depuis l'ère Internet, avec ce développement fulgurant des technologies, où chaque citoyen peut s'improviser journaliste, nous vivons une époque formidable...celle où tout semble possible, où toute idée peut devenir géniale, génératrice d'emplois ou de nouveaux progrès. J'ai le sentiment que ce que nous vivons avec les NTIC, c'est ce que nos parents ont dû ressentir après 1945: une nouvelle ère s'amorce... Ce que je n'ai pas compris, et que je cherche toujours à comprendre à l'occasion d'une élection, (mais c'est peut-être un jeu ?), en tant qu'électeur, c'est la raison pour laquelle, dans un même camp, on n'hésite pas à se critiquer les uns les autres pour ensuite afficher un "rassemblement". Que ce soit à Droite comme à Gauche, c'est tout le temps pareil. Et puis, quand on ne voit plus d'autres solutuions, parce que le peuple en a finalement décidé collectivement autrement...on se rebiboche, on indique que, finalement, "on est d'accord sur bien des points", que "ça peut marcher", alors qu'avant, l'électeur avait le sentiment que "rien n'était possible", et en perdait son latin. Je me souviens d'une élection à Rouen entre une Droite qui s'était déchirée par le biais de courriers dans les boîtes des électeurs et qui, distancée par la Gauche au 1er tour, s'est mise à se serrer les coudes et à jouer le jeu du rassemblement devant les électeurs...et la Gauche a gagné. Je crois que de ces revirements, nous avons tous à apprendre, car l'électeur se souvient, lui, du spectacle qu'on lui sert, et le "monde public" a un jeu décidément bien difficile à décrypter pour le commun des électeurs.
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C
En jetant un regard croisé en arrière sur toutes les élections nationales depuis 1945, je ne peux m'empêcher de penser que la Gauche dans son ensemble est très efficace lorsqu'il s'agit d'élections locales, car elle a un vrai projet de société qui s'adresse de manière plus personnalisée à des individus peu nombreux (comparatif d'une ville moyenne avec la population nationale), alors qu'elle est moins efficace globalement lorsqu'il s'agit de mener une politique globale de société sur un plan national, car il est difficile, au plus haut niveau de l'Etat, à proportions égales, de satisfaire les individus dans leurs besoins et leurs attentes. Alors qu'un Maire est souvent présent dans sa circonscription, s'il a eu la bonne idée de ne pas cumuler d'autres mandats qui l'éloignent des préoccupations de ses électeurs, un(e) Président(e) de la République a une vision assez éloignée de son pays, puisque tous les lieux de pouvoir sont centralisés à Paris, et que Paris est bien loin de connaître la paupérisation de certaines communes, même si la presse focalise son attention sur quelques squatts et les Enfants de Don Quichotte.<br /> C'est pour cette raison que la Gauche a eu tant de succès aux élections régionales, car elle réussit bien partout où le projet social, présenté à un nombre d'individus limité (toujours par rapport à la proportion du pays), est susceptible d'apporter du renouveau.<br /> Mais à l'élection nationale...en dehors de la personnalité de François Miterrand, figure emblématique de la Gauche conquérante, quel responsable socialiste lui arrive aujourd'hui au-dessus de la cheville ? N'oublions pas que le suffrage universel a été adopté lorsde la réforme de notre Constitution en 1962, et que François Mitterand a été le véritable leader, irremplaçable depuis, de la Gauche, mettant en ballotage avec 31,8% des voix Charles de Gaulle au 1er tour (car candidat unique de la Gauche), lequel l'emporta avec 55,2% des voix au 2è tour. Puis ce fut 1974 où F.M atteint 43,2% des voix  au 1er tour (front PS + PC + MRG) car il avait cette image de rassembleur des forces de Gauche aujourd'hui émiettées...F.M échoua avec 49,2% des voix face à VGE, donc de justesse...En 1981, F.M l'emporte face à VGE avec 51,8% des voix au 2è tour. Cette victoire, il la doit à la désunion de la Droite (quatre candidats). En 1988, 54,02% confirme au 2è tour cette personnalité d'envergure qui aura marqué son temps.<br /> Mais ensuite...le choc de 2002, après le départ du Capitaine...du fait d'un éclatement des candidats (16 !) mais aussi de la montée du Front National, heureusement jugulé par le transfert des voix de la Gauche vers la Droite pour un 82,21% artificiel, du jamais vu, au candidat de Droite.<br /> Et là...2007...les chances nationales de la Gauche sont bien plus fragiles que ne le sont celles de la Gauche aux municipales d'Evreux (1°Gauche 2°Droite, c'est mon pronostic, comme aux courses...). Trop de candidats, donc pas de vrai rassemblement, et un frein tout de même: comme beaucoup d'électeurs, j'avais été séduit par "le sang neuf" que représentait la candidature de Ségolène Royal, qui ne reprenait pas dans son équipe les "hommes et femmes d'expérience" (je n'aime pas le terme "éléphants"), avec un slogan séducteur "désirs d'avenir". Et là, je suis déçu...déçu par le ralliement des "anciens" qui l'ont pourtant critiquée ouvertement ("qui va garder les enfants à la maison ?", on conserve la mémoire immédiate de ces petites phrases), Lionel Jospin ne sachant pas s'affirmer comme candidat, rongé par l'hésitation, sans apporter un soutien franc avant que l'évidence ne se fasse en faveur de S.R.<br /> Alors tout cela...ce sont autant d'erreurs de casting qui se sont accumulées et me donnent le sentiment de plus en plus fort que le prochain Président, bien sûr, c'est monsieur Nicolas Sarkozy. Trop d'incohérences, de tergiversations, de retours en arrrière, d'espoirs déjà déçus par ce revirement d'équipe de campagne, et un 3è adversaire qu'on n'attendait pas, et qui, en proposant de gouverner "avec la Gauche et la Droite", n'a jamais dit qu'il gouvernerait avec tous ceux qui ont gouverné la France jusqu'ici...C'est leur disparition immédiate qui est programmée. En fait, il n'aura aucun mal à gouverner avec "de nouvelles têtes", toutes heureuses de se voir propulser au premier plan au lieu d'attendre la saint glinglin, et notre paysage politique ressemblera cette fois, en effet, à un "cimetière d'éléphants". Je dirais que c'est le "risque majeur" de cette élection de 2007 si l'on se place de la Gauche ou de la Droite, mais en même temps, c'est une "troisième voie", qui a laissé de piètres souvenirs dans la IVè République...qui n'a jamais eu la bonne diée de confier l'élection du Président aux électeurs. C'est là toute la différence.<br /> A la municipale d'Evreux, j'ai bien moins d'appréhensions: comment la Droite réussirait-elle alors que le tenant de Gauche se dévoue autant pour ses concitoyens et connaît bien le contexte local à tous les niveaux ? Est-ce qu'un simple parachutage suffit à mener la main des électeurs vers un bulletin ? Est-on dupe à ce point ? je ne le pense pas. On voudrait nous faire croire que nous, électeurs, sommes de "petits moutons de panurge bien obéissants", mais je crois que la multimédiatisation que nous offre pour la première fois Internet dans cette élection va radicalement changer le jeu...l'ère du citoyen décideur est enfin arrivée: c'est le "4è pouvoir".
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G
Je vous mets en ligne par principe... Mais je tâcherai de répondre en soirée