Hortefeux, Besson: double faute
On aurait fait un mauvais procès à monsieur Hortefeux qui n’aurait commis qu’un très vilain trait d’humour que l’on aurait déformé et qui regrette d’ailleurs la polémique stérile …
Evidemment !
J’entendais ce matin un conseiller du Président de la République invité par France Inter et parlant, suite à cette affaire de réguler le net où il se passe et où il peut se passer n’importe quoi disait-il.
Le net est pourtant révélateur.
Tapez « loi Hortefeux » sur google et vous tombez sur la loi du 20 Novembre 2007 relative à la maîtrise de l’immigration, à l’intégration et à l’asile… Cette loi concoctée par notre monsieur « quotas des reconduites aux frontières », amendée, débattue, vilipendée et qui comporte ce fameux article scélérat instituant une possibilité de test ADN pour les candidats au regroupement familial… En clair la vérification d’une filiation déclarée, sans doute parce que les auteurs de l’amendement se méfient de ces gens là qui seraient tous des menteurs … Racisme ? Vous avez dit racisme ?
Aujourd’hui, monsieur Besson refuse de signer le décret d’application concernant cette mesure.
Cela pourrait l’honorer … Mais je me sentirais mieux s’il avait résolument pris parti contre cette disposition dès 2007, s’il l’avait combattue, mettant en balance sa démission … Au lieu de quoi, il est resté, de fait, solidaire d’un gouvernement porteur de cette loi et donc solidaire de son texte.
Au bout du compte, si l’on y regarde de plus près, prendre l’initiative aujourd’hui de ne pas signer le décret d’application, c’est remettre en cause la validité d’une loi votée par le Parlement, confirmée par le Conseil Constitutionnel… C’est s’asseoir sur le fonctionnement des institutions républicaines, c’est donner le pas à l’exécutif et réduire le parlement au statut de godillot.
Double faute !
Faute que celle d’avoir conçu et validé un texte indigne de notre République et de l’éthique dont elle est porteuse.
Faute que celle qui consiste à présent à renier le débat parlementaire !
Mais faut-il s’en étonner dans une République où l’omniprésent président fait la pluie et le beau temps… Je ne sais plus quel humoriste disait que lorsque monsieur Sarkozy fait tomber sa tartine, la confiture se dépêche de changer de coté !