Taxe carbone et H1N1
Quelques idées en vrac qui me sont venues cette semaine sans que j’ai eu le temps de les coucher sur le papier ou plutôt de les développer sur mon blog.
Alain Potier qui, dans deux commentaires successifs m’interrogeait sur la taxe carbone, a dû croire un moment que je ne voulais pas répondre. Je l’ai vu hier au forum des associations et je l’ai rassuré.
Quelques idées en vrac mais pas si en vrac que cela.
Les deux sujets que j’évoque relèvent tous deux de l’art de déraper lorsqu’on tente de répondre à de vraies questions.
Je ne m’étendrai pas sur le dispositif de prévention de la grippe A dont j’ai déjà parlé et dont je me suis demandé si le battage médiatique surdimensionné fait autour ne venait pas simplement occuper les écrans pour compenser le silence étourdissant d’un Président sous le coup de ses vapeurs (pardon de son malaise lipothymique).
S’agissant de la taxe carbone. On ne peut bien évidemment pas ignorer la menace sur l’avenir que représentent nos comportements industriels , nos comportements de sur-consommation, nos modalités de déplacement etc.
Une taxe qui vise à réintégrer dans les coûts et répercute donc sur le prix des biens et des services la réparation des dégâts environnementaux et leur prévention n’est pas contestable dans son principe.
Cela posé, encore faut-il se mettre d’accord sur plusieurs champs.
Les modalités de prélèvement d’abord, même si au bout du compte c’est le consommateur qui paiera.
Dans un schéma idéal, c’est l’entreprise qui, taxée, répercuterait en effet la taxe et donc la réparation environnementale dans son prix de revient industriel et recalerait son prix de vente. S’agissant des biens importés (produits venus de Chine par exemple), la taxe serait répercutée de la même façon sur le prix payé par le consommateur et viendrait rééquilibrer pour une part la concurrence. Il y a là de réels changements à attendre dans les comportements de consommation.
La réalité est bien sûr un peu plus complexe, je le sais mais j’évoque là le principe même d’une taxe pigouvienne.
Le second champ, lié au premier est celui de la lisibilité de la taxe et de sa capacité à être un levier de changement des comportements.
S’agissant de l’idée d’une hausse du coût des carburants, je suis assez sceptique. Faire payer quatre ou cinq centimes de plus le litre de gas-oil n’a pas grand sens. La part des taxes est déjà telle sur le prix du litre et la fluctuation des prix une donnée tellement admise aujourd’hui que ces quelques centimes n’auront aucune visibilité et nous ne modifierons rien, strictement rien à nos comportements … D’autant moins d’ailleurs là où les transports alternatifs à la voiture sont inexistants ou peu pratiques. Car la question est là et d’abord là s’agissant des modalités de déplacement.
Cela conduit à un troisième champ : Que faire de cette manne financière et comment l’engager dans la réparation et la prévention des dégâts environnementaux ? Qui en décide et comment ?
Le dispositif présenté aujourd’hui rend assez peu compte de ces questions et plus le gouvernement est interrogé, plus ses réponses sont vagues et contradictoires.
C’est sans doute ce qui crée le malaise tant dans les milieux politiques qu’au sein de la population. La critique de cette taxe ne relève absolument pas du débat politicien. Elle dénonce simplement une taxe qui, avant même qu’elle soit mise en place, donne le sentiment qu’elle va tourner allégrement le dos à son objectif.
Le drame c’est qu’en rendant impopulaire un dispositif parce qu’il l’a mal conçu, le gouvernement risque d’obérer toute possibilité de consensus national autour de réponses à venir aux enjeux de l’environnement qui nous concernent tous.