Sous le portique, super-Darcos
Me voilà en rogne aujourd’hui.
Mais qu’est ce que c’est que cette idée de fouille au corps à l’école, de portiques détecteurs et de GIGN scolaire ?
J’observe, comme tout le monde, que l’Elysée se tait mais j’ai tout de même peine à croire que Xavier Darcos serait parti au front comme cela, tout seul, la fleur au fusil, sans même avoir consulté l’omniprésent …
Ou alors il en a anticipé la demande, tenté d’en réaliser le rêve, génie maladroit d’un Aladin vibrionnant et prompt à mettre flamberge au vent au moindre fait divers.
Evidemment qu’il est important que l’on se sente en sécurité à l’école.
Evidemment que la violence y est inacceptable, quelle qu’elle soit, d’où qu’elle vienne.
L’école est le lieu des apprentissages mais aussi le creuset où fusionne notre jeunesse, le creuset d’où sont venus et d’où viendront des générations de citoyens…
On a supprimé des postes à tout va dans nos établissements scolaires, supprimé tout ce qui ne paraissait pas essentiel aux yeux de gestionnaires des deniers de l’Etat dont je me demande parfois s’ils ont bien compris les enjeux de l’école qui , par cette fonction de creuset de la citoyenneté, est garante de la pérennité de notre modèle Républicain.
Ce n’est pas de portiques ou de superflics des écoles qu’il est besoin pour en sacraliser l’espace et le temps. C’est de la présence d’adultes qui participent d’un projet éducatif au-delà des seuls apports disciplinaires.
Cela suppose sans doute que le pays soit d’accord sur les objectifs de l’école.
Cela suppose qu’il soit en phase avec les enseignants et vice versa.
Cela suppose que l’on accepte de faire pour l’école cet effort puissant que revendiquait Victor Hugo et que l’on cesse de saucissonner des services, d’être chiche en personnels d’éducation, que l’on reconnaisse la noblesse du métier d’enseignant…
Je rêve sans doute mais pourtant….
Les superflics et les portiques de Darcos marquent la peur que nous inspire la jeunesse… Et sans doute y-a-t-il aujourd’hui quelques raisons à ces craintes.
Mais si nous ne prenons pas cette question à bras le corps, si nous ne travaillons pas sur le fond, au quotidien, si nous ne faisons pas ce travail de fourmi qui permet aux choses d’évoluer, nous nous condamnons à en avoir de plus en plus peur.
Mais une société qui a peur de sa jeunesse est une société sans avenir !