L'art de la politiciennerie

Publié le par Gerard Silighini

L’emploi du temps d’un élu est souvent un patchwork d’activités aux couleurs changeantes et il arrive que le hasard ajoute quelque pièce inattendue qui singularise encore la palette des instants.

C’est ainsi que hier vers minuit, rentrant du conseil municipal et de la réunion des responsables de pôles que j’avais organisée ensuite, je me suis trouvé nez à nez avec la manifestation des producteurs de lait qui revenait de la préfecture.

Ambiance qui ne ressemble en rien aux autres instants de ma journée mais qui venait clore d’une touche presque bon enfant quelques 16 heures d’activité ininterrompue.

Je veux retenir le moment du vernissage de l’exposition photographique de Marion Dubier-Clark qui a su retrouver et fixer une vie passée du CHS de Navarre et qui, ne montrant que les murs, les corridors et les objets, en arrive pourtant  à évoquer les patients et les soignants d’antan, fantômes invisibles qui gravent leurs peurs et leurs angoisses en une lente mélopée de pierre.

Du conseil municipal, je retiendrai l’indignation de Maryse Sahin quand l’opposition est sortie, pendant que le Maire lisait notre motion demandant à l’Etat d’assumer sa responsabilité quant au logement d’urgence.

Les échos que nous avons font état de 150 personnes qui se retrouveraient à la rue dans les semaines qui viennent pour la seule ville d’Evreux, faute de l’ abondement des crédits affectés à la DDASS pour le logement d’urgence.

Cette question préoccupe d’ailleurs quasi tous les départements de France.

Le départ de l’opposition qui n’aura donc participé ni au débat, ni au vote de cette motion ne peut s’appuyer que sur la forme d’un texte qui ne leur aurait pas été soumis assez tôt ou sur le préjugé d’un texte « politicien » qui ne viserait qu’à attaquer l’Etat.

J’ai dénoncé fortement cette attitude en rappelant la nécessité d’une solidarité qui soit nationale en matière d’accueil des plus démunis, des demandeurs d’asile … En rappelant que le caractère national de cette solidarité, inscrit dans la loi, relève des valeurs de la République et de la plus élémentaire des équités Républicaines.

J’ai rappelé que le rôle des élus locaux ne se cantonnait pas dans la gestion du quotidien mais que nous avions le devoir, face aux drames humains que nous croisons localement, d’alerter aussi et de soutenir les demandes des administrations locales … D’exiger de l’Etat, garant de l’équité  Républicaine, d’assumer pleinement sa responsabilité…

Et cela, loin de relever de la politique « politicienne », ajoute encore à la noblesse de l’engagement politique …

Mais l’opposition n’était pas là, bavardant dans les couloirs et cherchant les justifications de son absence…

« Je veux économiser l’argent du contribuable ébroïcien », nous disait le Député UMP Nicolas et patron de l’opposition municipale à propos d’un autre dossier !

En sortant et en faisant sortir son groupe, il refusait d’exiger avec nous que l’Etat assume financièrement la responsabilité qui lui incombe, il marquait donc le peu d’intérêt qu’il porte aux familles les plus fragiles, et il acceptait de faire peser le coût de la solidarité nationale sur le seul contribuable ébroïcien qu’il prétend protéger…. !

Ah quand l'Art politicien prend le pas sur la générosité et le bons sens  Républicain !

Je préfère finalement l'Art dans tout son élan créatif et je ne veux  me souvenir que de l'ambiance fantastique des photos de Marion Dubier-Clark

Publié dans politique

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C
De par mon métier de statisticien, je suis un observateur et le constact est sans appel, 120 logements HLM de détruit depuis mars 2008, 430 en préparation dont 300 d'engagés. Même à l'échéance de 2014 le bilan construction de logements sociaux sur Evreux restera inférieur aux destructions effectués durant le mandat.Alors que durant la période Plaisance -Caron nous etions à une progression de 80 l'an.
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G
<br /> Quelque chose m'échappe camarade satisticien.<br /> Tu as observé que l'ORU a été lancé par la municipalité dont tu étais membre.<br /> Tu as observé, j'espère, la transformation, sous la municipalité Debré, d'un projet qui a fait la part belle à un urbanisme qui tenait peu compte de l'humain et tu l'as dénoncé avec tes<br /> mots quand je le dénonçais avec les miens.<br /> Tu as observé et dénoncé, comme je l'ai dénoncé, que l'on rejetais hors les murs de la ville les familles les plus fragiles et que Debré et Nicolas renaclaient à laisser des terrains où l'on puisse<br /> bâtir du logement social.<br /> Tu partages, je l'espère, l'objectif d'une urbanisation qui prenne en compte la nécessité d'une mixité sociale au sens plein et large du terme ...<br /> Tu ne peux donc alors que te réjouir de savoir que cette volonté de mixité sociale, cette volonté de bâtir de la ville et non des dortoirs, nous en sommes porteurs.<br /> Te réjouir aussi de ce que nous ayons la volonté de relancer, dans ce cadre, des projets incluant une part non négligeable de logement social.<br /> Te réjouir de ce que nous défendions aussi la nécessité de répondre au besoin de logements d'urgence<br /> Tu peux, bien sûr te cantonner dans une arithmétique élémentaire somme toute assez simplificatrice... et la confondre avec une ligne politique !<br /> Mais est-ce bien raisonnable?<br /> Amitiés<br /> <br /> <br />
C
Le Maire et son sonseil seraient plus crédible dans son discours sur le logement d'urgence, s'il n'utilisaient pas, contre l'avis des associations de locataires, les crédits du 1% logements à la destruction dans Evreux, de près de 1000 bons logements sociaux amortis et pour 1/3 bien réhabilités, pouvant satisfaire la demande de logements à faible coût.
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G
<br /> Jacques.<br /> Même si j'aurai été partagé sur la question du Forez, je ne peux laisser passer ton commentaire sans réagir.<br /> D'une part, mon article et la motion parlent du niveau qui finance et du niveau de la responsabilité s'agissant du logement des demandeurs d'asile en particulier... J'oppose la solidarité nationale<br /> et républicaine aux générosités locales, sympathiques mais insuffisantes et inefficaces, voire contre-productives dans le contexte d'un désengagement de l'Etat.<br /> S'agissant des destructions d'immeubles, la question est aussi de savoir combien et où on les reconstruit.<br /> La droite a fait l'impasse sur la construction de logement sociaux à Evreux, sortant du cadre de la philosophie de l'ORU qui consruit un logement quant on en détruit un.<br /> Notre municipalité aujourd'hui est sur une logique de construction de logement social et, plus largement, de construction de "ville" c'est à dire logements avec comerces, services etc.<br /> Réduire notre politique à la destruction d'immeubles comme tu le fais, sans faire un bilan plus global de la politique du logement que nous menons,  n'est pas intellectuellement très<br /> honnête.<br /> Amitiés<br /> <br /> <br />