Municipales... Un an déjà
C’est curieux cette manie des anniversaires…
Un an de mandat à Evreux… Premier bilan… Une quasi obligation médiatique!
A l’échelle d’un mandat, un an cela ne représente pas grand-chose et un bilan n’aura donc pas grand sens… C’est d’autant plus vrai quand l’équipe municipale a profondément changé et qu’elle souhaite initier d’autres politiques, ce qui est le cas à Evreux.
Le coup de barre que l’on donne au vaisseau Ebroïcien n’empêchera pas que l’on ait l’impression au bout d’un an qu’il reste sur son erre. Nombre des dossiers évoqués l’ont été en effet depuis longtemps… Mais cette immobilité n’est qu’apparence…
Le théâtre par exemple que la municipalité précédente avait laissé dans l’état d’un grand chantier bloqué avec des risques d’écroulement de surcroît ne pouvait qu’être pour nous absolument prioritaire… Nous avons fait en sorte de débloquer ce dossier. Et même si sa rénovation a été lancée avant notre arrivée, la façon que nous avons eue de l’aborder aura été différente et c’est sans doute ce qui fait qu’il est à présent vraiment sur ses rails.
Je pourrais citer nombre d’exemples de ce type mais ce n’est pas l’essentiel. Ce qui importe finalement si l’on tient vraiment à faire un premier bilan, c’est, au bout d’un an, la réponse à trois questions toute simples :
La première de ces questions concerne les objectifs et le projet.
Notre confrontation plus directe depuis un an avec la réalité des affaires municipales a-t-elle changé substantiellement la vision commune qu’avait notre équipe municipale du devenir de la ville et de l’agglomération ?
A cette première question, je répondrai non, sans réserve !
L’image que nous avions de la situation de la ville se confirme, quant à l’état du patrimoine par exemple qui m’a conduit à revendiquer en particulier, lors du budget primitif, un effort important sur ce qu’on appelle les travaux récurrents. Elle se confirme aussi quant à l’absence de mutualisations avec l’agglomération qui apporteraient un plus à l’ensemble des communes qui la composent…
A cet égard, notre thématique d’un « Grand Evreux solidaire » est plus que jamais d’actualité.
La seconde question qui importe concerne la gouvernance et particulièrement la relation des élus avec les habitants…
Associer les Ebroïciens à la construction de l’avenir de notre ville et de l’agglomération, est-ce toujours d’actualité ?
C’est sans doute ce que nous aurons concrétisé le plus rapidement … Par des marches de quartier d’abord, par l’instauration de lieux d’échanges et de concertations qui se sont démultipliés… Je crois qu’on ne peut que saluer la présence réelle des élus dans la ville, une présence plus concrète que les seules inaugurations et autres représentations officielles… une présence qui manifeste leur volonté de travailler pour de vrai avec les Ebroïciens
Il est bien sûr trop tôt pour en tirer quelque bilan que ce soit, pour mesurer en particulier l’impact de ces lieux de concertation sur les décisions qui seront prises. Trop tôt aussi pour mesurer l’articulation entre ces nouveaux outils de démocratie locale avec cet autre outil plus traditionnellement développé à Evreux, même s’il a été fragilisé ces quelques dernières années, que constitue le tissu associatif.
S’agissant de l’agglomération, les choses sont moins simples.
La création d’un nouveau logo ne suffit évidemment pas pour cristalliser un sentiment d’identité commune aux habitants de l’agglo et il faudra porter beaucoup plus de projets communs, afficher beaucoup plus fortement les services pour évoluer dans ce sens et casser l’idée selon laquelle l’agglo pourrait n’être qu’un guichet distant des citoyens et une mécanique qui ne viserait qu’à équilibrer les comptes de la ville d’Evreux ; idée qu’a ancrée la gestion du mandat précédent..
Chacun des habitants de l’agglo doit être conscient que les politiques qu’elle met en oeuvre touchent à notre quotidien ne serait-ce que par la compétence voirie qui lui donne la responsabilité des rues de toutes les communes qui la composent… Y compris Evreux… ou par la compétence eau et assainissement ou encore celle du ramassage des ordures ménagères par exemple …. La construction d’un projet commun auquel adhère, au-delà de leurs élus, l’ensemble de la population de l’agglo est nécessaire. C’est un chantier enthousiasmant qu’il nous faudra savoir mener.
La troisième question concerne la mécanique même de la municipalité.
La machine municipale se configure-t-elle de façon cohérente pour être en capacité de mener à bien le projet pour lequel les Ebroïciens nous ont élus ?
Ce que j’appelle « machine ou mécanique municipale » ne fonctionne que par la magie d’une alchimie très élaborée qui soude élus et services dont les fonctions se complètent nécessairement, qui ne peuvent se substituer l’un à l’autre mais qui ne peuvent pas davantage fonctionner convenablement l’un sans l’autre.
Il est besoin du politique pour donner le cap et l’impulsion… Il est besoin d’une organisation efficace et de tout l’engagement des fonctionnaires municipaux pour assurer la permanence des services publics et trouver les réglages les plus adaptés à la route que nous prenons avec les Ebroïciens…
Et lorsque je parle de la magie d’une alchimie qui facilite le fonctionnement de la mécanique municipale, ce n’est finalement que le produit d’un travail d’organisation et de mise en cohérence de l’équipage du vaisseau, c'est-à-dire de l’attelage élus-services…. C’est un travail très fin et qui en même temps ne s’achève jamais… L’équipage est en perpétuel devenir et se déploie en fonction des aléas de la route et des turbulences de l’environnement.
A Evreux, après quelques tâtonnements, la mécanique municipale commence doucement à se rôder… Il faut poursuivre ce travail de mise en cohérence et de réglage et cela d’autant plus dans les turbulences fortes d’un environnement marqué par la crise…Mais j’ai malgré tout le sentiment que la réalisation de notre projet va pouvoir bientôt aller en s’accélérant… La mécanique se consolide.