Glaxo: piedestal à Bruno ?
Bruno Le Maire par ci, Bruno Le Maire par là … Bruno Le Maire à la rescousse, comme la cavalerie dans les westerns de ma jeunesse … Sauf qu’il s’agit de la suppression de 800 emplois sur le site Glaxo d’Evreux. On ne me fera pas croire que les autorités gouvernementales n’ont pas été prévenues à un moment ou un autre, ni que le secrétaire d’Etat aux affaires Européennes ne l'aurait pas été avant la ville d'Evreux.
J’ai en tout cas l’impression désagréable qu’il utilise en partie cette catastrophe économique locale et ce drame humain pour retrouver de la visibilité locale et tenter de faire oublier qu’il n’aura fait qu’un petit tour comme député à Evreux avant de retourner à sa carrière parisienne.
C’est qu’il a des régionales à conduire, des européennes à organiser, des municipales à envisager le nouveau patron de l’UMP du département.
Il faut le comprendre ! Le métier de secrétaire d’Etat, c’est tout de même de la quasi grande précarité… Un jour on plait au Président de la République, un jour on ne plait plus … Et puis il a beau être néo-sarkozien, il a tout de même été villepiniste !
Les choses, c’est sûr, sont plus simples pour un opportuniste comme Eric Besson qui passe directement du PS à l'UMP plutôt que naviguer dans les sensibilités d'un camp..
Tout cela m’agace.
Huit cents emplois supprimés à Evreux, dont le département Recherche et développement, c’est lourd.
Je me demande s’il ne s’agit pas là des prémisses d’un démontage total de l’activité prévu à moyen terme par une société qui n’a aucune envie de prendre de gants et dont la logique n’est que financière … Gagner plus, plus vite et plus longtemps … Sur le médicament , sur la santé.
Huit cents emplois, c’est en fait beaucoup plus que cela si l’on compte les emplois induits (sous traitance, services ...)
Il faut bien entendu tout envisager, songer d’ores et déjà aux reconversions et à tous les partenaires qu’il faudra mobiliser si …
Mais ce qu’il faut d’abord, c’est affirmer notre refus de ces suppressions d’emploi, dénoncer ce mépris de GSK pour une ville qui depuis des années l’aura pourtant soutenue et accompagnée, refuser ce divorce unilatéral imposé par les dirigeants d’une société qui vient pourtant de totaliser des centaines de millions de livres sterling de bénéfices payés, d’une certaine façon puisqu’il s’agit de pharmacie, par l’argent public de nos cotisations sociales.
C’est tout cela que j’aurais aimé entendre de la bouche de Bruno Le Maire… C’est aussi l’engagement que le gouvernement auquel il participe va faire le siège de GSK et se faire l’interprète de la colère des salariés et du désarroi de toute une ville.
Ce que j’aurais aimé entendre, c’est un peu plus de modestie de la part d’un ami, même nouveau, du grand défenseur qu’est monsieur Sarkozy des valeurs de ce capitalisme méprisant, de ce capitalisme qui n’a plus de l’humanité que la vision d’un marché et de son organisation financière.
Mettons nous tous au travail à présent, solidaires, pour prendre à bras le corps une situation catastrophique. Que tous nous parlions d'Evreux, de Glaxo, de ceux qui vont peut-être se retrouver dans une situation difficile... commençons par tenter de faire reculer les dirigeants de GSK tout en nous préparant au pire mais que personne ne se précipite pour être devant sur la photo !