HIVER
L’hiver est en train de s’installer. C’est une saison dont j’aime finalement l’esthétisme froid. La ville se fige et la nature s’habille de raide.
Je ne me suis rendu compte de ce changement que tard hier soir. J’ai passé en effet toute la journée, de huit heures à près de vingt heures, à dialoguer avec les maires-adjoints et les responsables des services de la mairie pour affiner le projet de budget 2009.
Les choses avancent bien, même si l’exercice est nécessairement limité par l’étroitesse des marges de manœuvre que la crise financière risque de venir encore raboter… Quand je dis que les choses avancent bien, cela signifie bien sûr que nous réussirons à bâtir malgré tout un budget qui nous ressemble et qui engage la politique que nous avons proposée aux Ebroïciens.
Ce soir, c’est un tout autre registre de débat dans lequel je vais m’engager puisque je pars soutenir en section du Parti Socialiste la motion « Changer à Gauche pour changer la France ».
Ce n’est pas un exercice difficile pour moi. Il n’est pas besoin que je me police…
Il ferait beau voir que je sois en discordance avec une motion aussi solidement ancrée dans les valeurs de la Gauche, les valeurs de notre République que le Sarkozisme piétine aujourd’hui sans vergogne avec la Liberté revisitée par Edvige, l’Egalité corrigée à grands coups de bouclier fiscal et la Fraternité et l’essentiel des dispositifs de solidarité nationale démantelés.
L’hiver est en train de s’installer et j’aime beaucoup moins son cortège de misère.
Froid pour les mal logés dont le nombre ne se réduit pas… Froid pour les mal chauffés dont le nombre s’accroît… Froid pour les mal nourris dont j’entendais ce matin qu’ils faisaient la queue aux restaurants du cœur…
La crise ne va pas arranger les choses et plus que jamais nous aurons besoin de politiques de solidarité qui passent aussi par le soutien du tissu économique.
Encore faut-il redonner du sens à l’économique, à une économie qui soit au service de l’homme, de l’humain et pas l’homme au service d’une économie aux mains de quelques assemblées d’actionnaires anonymes et qui ne ferait que tourner sur elle-même, inventant sans cesse de nouvelles façons d’accumuler des bénéfices sans plus répondre à sa fonction première qui est d’être un des leviers sinon le levier d’une organisation sociale juste … Lui redonner du sens , ce n’est possible que si la politique s’en mêle, si elle retrouve sa force ; c'est-à-dire si elle vient à nouveau s’ancrer dans le réel, comme elle sait le faire quand elle est locale et si, entre élus et citoyens, nous commençons les retrouvailles.
Le texte que propose Martine Aubry et le groupe de socialistes qu’elle anime, ce texte que je trouve en cohérence avec ce qu’écrivait Laurent Fabius va bien dans ce sens..
PS: Un post scriptum qui n'a rien à voir... Je ne sais qui a été le cent millième visiteur de ce blog mais nous avons passé les 100 000 visites la nuit dernière.