Neruda encore
14h00 aujourd’hui.
Nous nous retrouvons devant le conseil d’administration de Pablo Neruda.
Nous ; c'est-à-dire Jean-Louis Destans, Francis Courel, le Préfet, le maire d’Evreux, l’inspecteur d’académie et moi-même.
Je passe sur les discours.
Ce qui importe, c’est l’annonce que fait Jean-Louis Destans que le collège ne fermera pas.
Il rappelle ce qui posait question. Il rappelle que la désectorisation a conduit à une chute des effectifs du collège dont on ne sait si elle s’arrêtera ou si elle va s’amplifier encore. Il rappelle que le collège ne scolarise pratiquement plus que des enfants en difficulté et que, pour lui, la mixité sociale, la mixité scolaire font partie des principes républicains. Il rappelle que c’est cela, uniquement cela qui l’a conduit à envisager de forcer les choses en fermant le collège… Et certainement pas des considérations financières.
Le conseil général a suffisamment montré qu’en matière de formation, qu’en matière de collèges, il ne mégotait pas.
Puis il parle de la dynamique du collège et de son équipe. Le mouvement qui s’est formé autour de la crainte de voir fermer l’établissement montre bien la volonté des enseignants de poursuivre l’expérimentation qu’ils ont lancée dans le cadre d’un projet « ambition réussite » mais atteste aussi du soutien de tout un quartier.
Pour ma part, je crois qu’il faut aujourd’hui que tout le monde travaille dans le même sens et s’engage, contractualise, donne au collège une visibilité suffisante pour qu’il continue de se mobiliser dans toutes ses composantes..
Je suis convaincu que l’homogénéité du public des élèves qui le fréquentent peut devenir un atout, un facteur de réussite. . . Si, bien entendu, tout le monde s’y met… Si la mairie tient compte du projet que porte Neruda dans sa politique scolaire, dans sa politique vis-à-vis des associations. . . Si le département tient compte lui aussi de la situation particulière du collège.- je rêve par exemple d’un établissement à la pointe du numérique- … Si l’Inspecteur d’Académie s’engage à maintenir les moyens humains du collège même en cas de légère érosion de l’effectif … Ce que je crains en la matière, c’est, lorsque l’effectif baisse vraiment, le recours aux compléments de service ; c'est-à-dire un saucissonnage des postes qui vient casser les équipes.. . Tel enseignant va devoir en effet travailler sur deux établissements et parfois dans deux villes différentes. . . Cela ne favorise pas le travail en équipe, loin de là !
En tout cas, ce sont aujourd’hui plein de bonnes fées qui se sont penchées sur le collège Neruda. J’espère que cela ne sera pas sans suite.
Si, ce soir, l’équipe du collège se contentait de dire , refusant ainsi de considérer l'attention que leur portent cesbonnes fées : « On a gagné ! Le collège ne ferme pas et tout continue comme avant » . . . C’est alors tout le monde qui aurait perdu, à commencer par les élèves .
Mais c’était loin d’être leur discours tout à l’heure.
J’ai confiance.