Rififi à la Madeleine.

Réunion publique hier en fin d’après midi à la maison de quartier de la Madeleine.
Il faut mobiliser le quartier pour éviter que ne dérapent les derniers événements.
Bagarres, règlements de compte.
Il s’agit de très jeunes… Presque des gosses par l’âge mais pourtant déjà presque adultes… En tous cas, pour l’un d’entre eux au moins, capable de sabrer un autre jeune, un adversaire, un gars de la rue à côté…
Beaucoup à dire là-dessus. Beaucoup de causes intriquées, Beaucoup de phénomènes en périphérie.
On peut souligner, comme le fait un adulte du quartier, le décalage entre les parents, immigrés de première génération et pétris de culture africaine, et leurs enfants qui baignent dans un mélange de culture scolaire et de culture de quartier… Et qui, parfois, sont pour leurs mères des médiateurs avec le monde extérieur.
On peut expliquer que des logements trop exigus invitent les gosses à rester dans la rue et à en partager les règles. Après tout, lorsque j’étais gosse moi-même et que mon père bossait de nuit, mieux valait, quand il dormait, être dans la rue qu’à la maison.
On peut évoquer aussi le communautarisme dans toutes ses déclinaisons ou la difficulté pour la jeunesse des quartiers à trouver un emploi.
Tous ces aspects méritent que soient lancées et suivies des politiques à moyen et long terme.
Un père évoquait hier la place des familles et l’impérieuse nécessité d’apprendre aux enfants dès leur plus jeune âge les règles du vivre ensemble…
C’est important , c’est indispensable mais ce n’est pas suffisant.
Cela ne dispense pas de politiques publiques puissantes quant au logement, à l’emploi , aux services de proximité , y compris l’investissement associatif, à la parentalité etc..
Cela n’autorise surtout pas à oublier que le climat de la Madeleine aujourd’hui dépend aussi des intérêts d’une économie parallèle qu’il ne faut pas tolérer.
Des événements, des bagarres comme celles de ces derniers jours sont d’abord querelles de territoire liées au deal de la drogue et autres commerces tout aussi peu recommandables. Réprimer cela relève du travail de la police et de la justice
Ce qui relève du quartier, de ses habitants, des structures associatives, dans le cadre de politiques fortes portées par les collectivités au premier rang desquelles la municipalité, c’est faire en sorte aujourd’hui que ces embrouilles ne dérivent pas et ne se travestissent pas en querelles ethniques ou querelles de rues ou de cages d’escalier mobilisant tous les gosses désœuvrés du quartier.
C’est faire en sorte demain d’ouvrir de multiples possibles a ces gamins qui sont notre avenir.
C’est de tout cela que nous avons parlé lors de la réunion publique d’hier, chacun avec ses mots.
C’est de tout cela que nous avons parlé en cercle beaucoup plus restreint, ce matin, à la mairie.