Les habits neufs de l'em... Du candidat
Les commentaires sur la désignation de Rachid Mammeri fusent de partout et ma boîte mail ne désemplit pas.
On me demande si je vais bien, ce que je vais faire, comment cela a pu arriver, ce que cela va donner.
Si je vais bien ?
Oui pas trop mal et vous ?
Ce que je vais faire ?
Observer ce qui se construit dans les semaines qui viennent et tenter, d’une façon ou d’une autre, de favoriser le rassemblement de la gauche.
Comment cela a pu arriver ?
Ce n’est tout d’abord pas un scandale en soi que Rachid Mammeri soit désigné et je ne crois pas qu’il y ait à proprement parler de tricherie dans sa désignation.
Il a simplement mobilisé, sur son nom, des femmes et des hommes qui ont adhéré pour lui mais qui n’ont peut-être adhéré que pour porter sa candidature.
Ce phénomène a été amplifié par le malaise plus que visible de la jeunesse des quartiers, très présente proportionnellement parmi les votants, et qui a peut-être voulu marquer son ras le bol des promesses non tenues et d’un calme revenu à la Madeleine à grands coups de CRS qui, deux ans après les émeutes, patrouillent toujours. En fait, plus un refus du politique qu’un geste politique.
Mobiliser sur un nom, même dans ce contexte, ne constitue pas pour autant un choix de stratégie municipale.
La proportion énorme de nouveaux adhérents venus à la section dans la dynamique de désignation du candidat aux présidentielles d’abord puis de celui aux municipales qui n’ont pas, pour beaucoup d’entre eux, participé à la vie de la section et n’ont pas de culture politique marquée, explique sans doute que le débat sur la stratégie à mettre en œuvre localement pour les municipales ait été totalement occulté.
Les adhérents, du coup, n’ont fait que choisir entre des candidats sur leur bonne mine plutôt que dans la perspective d’une victoire collective programmée.
Ce que cela va donner ?
Paradoxalement, l’espace est aujourd’hui très restreint pour un premier des socialistes pourtant désigné par la section à une majorité claire.
Rachid Mammeri est un roi nu.
Il lui faut très vite trouver des habits… c’est-à-dire trouver des appuis prêts à partir à l’aventure avec lui et à l’expérience suffisamment rassurante pour convaincre les Ebroïciens.
Les blessures de la campagne interne sont encore vives et ce n’est pas à coup de promesses de places et de postes qu’on peut les guérir.
La candidature de Champredon constitue en outre pour ceux qui brûlent de partir aux municipales une alternative possible.
Celle des Verts en est une autre et j’imagine que, dans un autre champ, celle du Modem qui se découvrira sans doute restreindra encore l’espace possible de par son ambiguîté.
Rachid Mammeri peut malgré tout tenter de faire porter sa candidature par la presse nationale, par les instances nationales… Mais ce sera alors sur le thème ou en tout cas avec en arrière plan le thème d’une candidature issue de la diversité…
Le problème c’est que, dans cette hypothèse et compte tenu des circonstances de sa désignation, il serait alors immanquablement placé dans une posture marquée de candidat des quartiers difficiles ce qui constituerait un handicap lourd pour rassembler la ville.
Symbole en quelque sorte des fracture internes au sein du PS, il risquerait de devenir alors le symbole des fractures au sein de la cité et rester ce qu’il est aujourd’hui : un roi nu.
C’est un écueil qu’il lui faut absolument éviter.
J’imagine qu’il en est conscient.
Il s’est contenté de justifier dans sa première présentation sa candidature comme naturelle puisqu’il était d’Evreux. Il s’est contenté, dans sa prestation télévisée, de la justifier en disant que ses amis lui avaient affirmé qu’il en était capable.
J’espère qu’il a élaboré, au-delà des éléments de projet qu’il a repris du travail collectif de la section, une stratégie qui lui permettre de ne pas rester dans cette situation paradoxale et de rassembler vraiment…
J’espère qu’il a élaboré, au-delà des éléments de projet qu’il a repris du travail collectif de la section, une stratégie qui lui permettre de ne pas rester dans cette situation paradoxale et de rassembler vraiment…
Mais cela lui est-il encore possible ?
Peut être, s’il se met enfin à faire de la politique… De la vraie !
PS du 3 novembre:
Je viens de voir la vidéo de son interview chez José Alcala... C'est mal parti
Je viens de voir la vidéo de son interview chez José Alcala... C'est mal parti