Maxime Marchand

Publié le par Gerard Silighini

J'imagine que peu de personnes savent  qui était Maxime Marchand mais j'ai trouvé ce texte qui  le présente un peu. Inspecteur d'Académie originaire de l'Eure et  assassiné en 1962 en Algérie, il donne son nom à quelques écoles et gymnases du département dont une des écoles de la Madeleine.

C'est de cette école qui va être totalement reconstruite dans le cadre de l'ORU que nous posions hier la première pierre... Cérémonie étonnante puisque n'étaient présents que le Préfet, la presse,les représentants de l'Education Nationale les élus, les services et les entreprises.... Pas un habitant ...ou plutôt si, soyons honnête: Un habitant... Et un autre que j'ai vu apparaître à son balcon durant le discours de Debré...

Pas un enfant... Ce qui, pour la première pierre d'une école est un peu triste!

Cérémonie étonnante ou organisation d'un moment d'autosatisfaction?

Vient le discours du Maire qui rappelle l'importance de l'ORU. Importance d'abord  financière dans son propos... Plus de 200 millions d'Euros tous financeurs confondus... Et de citer l'apport de l'Etat sans mentionner ni les autres collectivités territoriales, ni les bailleurs sociaux... C'est à dire les habitants... Parce que l'argent des bailleurs sociaux, c'est quand même beaucoup celui des loyers et des charges!

Il évoque tout de même ensuite l'école  comme élément essentiel de la République... Et termine comme à son habitude, sur le rappel de notre devise nationale... 

J'ai pris la parole à mon tour... Je n'avais pas particulièrement préparé de discours formel... Dans ce genre de situation, je préfère généralement rebondir sur ce qui a été évoqué par les orateurs précédents plutôt que d'asséner des leçons de civisme en prêt à porter.

J'ai rappelé bien sûr l'engagement du Département qui, dès 2005, attribuait à la ville une subvention d'1,4 millions d'€ pour la reconstruction de l'école et j'ai engagé mon propos en disant que cette première pierre m'apportait un bonheur, un regret et un voeu.

Le bonheur est qu'il s'agit d'une école; c'est à dire d'un lieu de formation - Et nous savons tous l'importance de la formation, particulièrement dans notre département - mais aussi d'un lieu de socialisation que fréquentent tous les enfants et où ils apprennent les bases du Vivre Ensemble. C'est également un lieu de rencontre pour les parents. Ce deuxième aspect de l'école est rarement mis en exergue et c'est pourtant un outil fort de lien social.

Le regret, c'est que j'imaginais, j'espérais que la pose de la première pierre d'une école, ce soit , justement par ce qu'elle représente, la fête ... Une fête qui associe tous les habitants, les parents et les enfants ... Mais, aujourd'hui, ils ne sont pas là... Ils ne sont pas même aux fenêtres ni aux balcons... (Et je désignais alors du geste la façade morose de l'immeuble qui plonge sur l'école).

Le voeu, c'est que nous accomplissions le travail nécessaire pour que les habitants s'approprient vraiment chacune des réalisations, chacun des projets de cette Opération de Rénovation Urbaine... Ce ne sera jamais sinon qu'un projet d'urbanisme, qu'un projet de béton.

Il faut  parvenir à les mobiliser . Ce n'est que lorsque l'ORU sera vraiment leur projet que nous aurons gagné...que le quartier aura gagné...

Mais voilà que contre tous usages le Maire se jette furieux sur le micro,  me lançant un:

"Vous êtes Rabat-joie, vous n'arrêtez pas de nous emmerder (sic)"

Le propos ne me choque pas.... J'ai l'habitude des colères de Debré, feintes ou réelles... Debré est grossier quand il se lâche et il ne se lâche généralement que lorsqu'on le contredit et qu'il se sent de surcroît morveux.

L'un de ses sbires, Houdinière en rajoute une couche, presque bavant...

" Si on avait voulu, on en aurait ramené des gens ! "... J'en déduis alors que l'absence des habitants est quasi volontaire ou plutôt qu'on a oublié de les inviter...

Et Debré de reprendre : " Ils sont au travail à cette heure ci les habitants !", ne se rendant même pas compte  qu'au coeur d'un quartier où le taux de chômage est aux alentours des 40 % ce propos est presque une provocation... Ce que je lui fait remarquer.

Les choses se calment et le Préfet conclut sur un discours très consensuel...

Les truelles reposées, Debré me lance un:

"Vous êtes politicien !" auquel je rétorque un "Non! je suis Ebroïcien".

Ce pourrait être une conclusion

A suivre...

Publié dans politique

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N
Bonjour, Je voulais simplement dire merci de m'avoir permis d'e découvrir un beau site grâce au lien que vous avez posé à propos de Maxime Marchand. Ce site est riche et nous rappelle les beaux temps anciens des Républicains qui inventaient l'école publique et se battaient.En ce qui concerne le langage choisi de notre édile, rien à dire, on s'habitue? l'exemple est venu d'en haut, salons dorés ministériels.En ce qui concerne les opérations ORU, ANRU, aux rues on ne s'habitue pas. 2 000 demandes de logements sociaux en instance sur la ville et on détruit  à tour de bras les immeubles pour soi disant désenclaver et laisser place aux espaces verts.Quelques reconstrutions prévues, oui mais pourquoi détruit-on avant de reconstruire? et où vont les habitants des immeubles détruits? En périphérie.La tentative est bien de changer la composition sociologique de la ville sise à 1h de train de Paris, ainsi les électeurs des beaux quartiers du centre ville voteront comme il faut quand on les y appellera? Paranoia?Bonne journée.
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G
amicalement
G
Il n'est pas coutume que je commente mes propres textes. Mais là l'évènement ne mérite pas un article. Je viens de lire Paris-Normandie qui relate la pose de la première pierre de l'école Maxime Marchand. <br /> Si la colère de DEBRE est bien mentionnée on l'a adoucie en en enlevant tout mot grossier. Cela pourrait viser à rendre son propos raisonnable là où il était inacceptable. <br /> Des deux photos qui ont été choisies, l'une montre des enfants dans une école ce qui illustre bien sûr l'ambiance habituelle d'une école mais ce qui pourrait viser à donner le sentiment que cette cérémonie ne se faisait pas entre entreprises et élus seulement mais aussi avec la population et les enfants.<br /> Je n'ose croire que cette présentation dénaturant la réalité soit volontaire. Le fait que l'article attribue à Raoul STEMLER qui n'a rien dit et non pas au Préfet qui a parlé le discours de conclusion m'engage à penser que tout cela n'est qu'accidentel.<br />  
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