Ah les sondages
Samedi matin
Voilà que j'ai oublié de me réveiller ce matin à 7h30 et que je ne vais pas, du coup, me donner le temps d'aller courir les bois avec ma Chienne. Elle me parait l'avoir d'ailleurs compris et s'est couchée dans l'entrée... Ce n'est que partie remise . Je sortirai avec elle plus en soirée.
Il est vrai que cela fait deux soirées successives où le débat autour des candidatures aux présidentielles me mène tard.
C'était d'abord avant hier soir, avec la section d'Evreux, à la maison de quartier de Saint Michel.
Je suis allé ensuite hier soir soutenir la candidature de Laurent Fabius à Verneuil sur Avre. J'y ai d'ailleurs découvert avec plaisir une commentatrice de mon blog qui m'avait inspiré l'article "lettre à une jeune militante" au mois d'avril.
Je ne l'avais jamais rencontrée et je n'ai pas été déçu. Elle argumente avec autant de fraicheur que de ténacité.... Tant que nous serons capable de faire venir et de garder dans nos rangs des jeunes de cette qualité, nous demeurerons un parti efficace.
Autant les orateurs de ces deux débats me paraissent définitivement décidés pour leurs candidats respectifs, autant j'ai senti par moment que, pour d'autres militants, les arguments portent encore. Ce n'est pas qu'un débat pour la forme et je crois que la "réalité" que nous annoncent les sondeurs aujourd'hui peut encore évoluer et être tout autre demain.
Aujourd'hui, c'est un débat de fond qui est engagé entre socialistes mais que viennent polluer chaque jour ces sondages dont le principe même me parait pour certains un peu surréaliste.
On m'en a rappelé un à Verneuil qui intérroge des Français de sensibiltés politiques diverses sur le candidat socialiste le meilleur de leur point de vue... Mais quel sens cela a-t-il de savoir qui, du point de vue d'un électeur de sensibilité communiste ou d'extrème gauche ou de l'UMP, serait le meilleur candidat pour le parti socialiste... Est ce que l'on me demande à moi qui, de mon point de vue, serait le meilleur candidat pour l'UMP ? Ma réponse serait-elle crédible ?
Dimanche matin
Sonder les Français sur ce que sera un premier tour dont j'entendais sur LCI tout à l'heure qu'il pourrait réunir à ce jour jusqu'à 35 candidats est pour le moins acrobatique...
C'est sur le fond que nous devons débattre... En évitant de nous laisser influencer par des médias dont nous savons pourtant à qui ils appartiennent aujourd'hui, quelle est leur logique économique et quel jeu dangereux cette logique les mène parfois à jouer lorsqu'elle prend le pas sur la déontologie dont je reste convaincu qu'elle demeure pourtant chère à la plupart des journalistes...
N'oublions pas 2002 et le matraquage d'informations touchant à la délinquance, l'insécurité...
Bien sûr, ce n'est pas ce qui a conduit la France à devoir choisir entre Chirac et Le Pen ! Mais peut être cela y a-t-il tout de même un peu contribué.
Souvenons nous par exemple de cette affaire Ebroïcienne portée comme un symbole y compris par le Président de la République candidat à sa propre succession à l'époque.
Elle a trouvé quelques mois ou deux ans plus tard, me semble-t-il, son épilogue en justice dans un silence médiatique plus que relatif qui contraste avec le battage auquel elle avait donné lieu en 2002... La réalité des faits était sans doute plus complexe que ce qu'en laissait entendre la description très manichéenne qu'en avaient donnée les médias dans le contexte d'une campagne électorale très dure et très axée sur la sécurité.
Nous sommes aujourd'hui , dans le débat interne au Parti Socialiste, sur un tout autre registre.
Mais le poids des médias, leur façon d'anticiper sur un match Ségo-Sarko risque de le faire dériver .
Il n'est déjà plus tout à fait celui de l'analyse des postures des trois candidats au regard des grandes intérrogations de nos concitoyens, des enjeux internationaux, de la façon la meilleure d'atteindre ou en tout cas de ne pas tourner le dos aux objectifs que nous nous sommes fixés ensemble ni à nos valeurs fondamentales.
Ce que disent les Français aux sondeurs sera totalement différent lorsque notre candidat quel qu'il soit sera devenu Le ou La Candidat(e) du Parti Socialiste et qu'il ou qu'elle aura commencé la campagne avec nous tous.
Jusqu'au 23 novembre, il est plus sain que nous nous abstenions de parasiter notre débat interne en tirant des plans sur les comètes d'un univers bien virtuel.
A suivre