vaisseau gothique et paquebot municipal
Conseil municipal étonnant hier au soir. Une droite qui refuse de participer au vote et une partie de la majorité qui s’abstient !
A l’ordre du jour deux ou trois délibérations qui n’invitent guère au débat et qu’il a fallu reporter la dernière fois à la demande d’un monsieur Nicolas pointilleux qui n’avait sans doute pas grand-chose d’autre à redire. Elles sont d’ailleurs votées sans surprise à l’unanimité et sans l’ombre d’une intervention.
Le plat de résistance, c’est le projet d’aménagement des abords de la cathédrale.
Les choses sont moins simples.
C’est monsieur Gratieux qui monte au créneau pour l’opposition. Très technique, provocateur sans avoir l’air d’y toucher, il conteste la démarche dans sa forme, regrette qu’il n’y ait pas eu en amont un travail suffisamment fouillé en commission avec la présence du porteur de projet, déplore que l’on n’ait pas donné aux élus le loisir de regarder tous les projets et nous fait part de l’hypothèse d’un vice de forme dans la procédure qui pourrait déboucher sur un contentieux. Sur ce dernier point j'imagine assez mal pourtant le DGS pris en défaut !
Il est un peu gonflé monsieur Gratieux quand il déplore l’absence d’un travail suffisamment fouillé en amont… L’aménagement des abords de la cathédrale fait en effet partie du contrat d’agglomération précédent, celui que l’équipe municipale des amis de monsieur Gratieux a signé en 2003. Force est de constater que, depuis cette date, rien n’a été fait. La municipalité précédente a signé ce projet mais s’est bien gardée de le mettre en œuvre. Sauf à perdre des financements qui représentent plus de la moitié de l’investissement, il nous faut à présent rattraper le temps qu’elle a perdu et accélérer le pas.
La procédure est complexe et aura pu donner lieu, c’est vrai, à des malentendus mais ce ne sont pas les tenants de l’équipe municipale précédente les mieux placés pour contester une action qu’elle n’a pas été capable de réaliser en cinq ans.
Je comprends en revanche l’abstention du groupe communiste. C’est en partie ces flottements qui le conduisent à prendre cette position. Il n’y a pas que cela bien sûr. Leurs réticences portent aussi sur le fond. Je joins d’ailleurs ici en lien le texte de l’intervention de Thierry Desfresnes.Pour ma part, j’ai voté ce dossier. Non pas qu’il me satisfasse sur la forme, sur la procédure, sur l’organisation du travail... Loin de là. Notre équipe a encore bien des progrès à faire en ce domaine et j’entends y contribuer.
J’ai voté ce dossier parce que je suis convaincu que, sur le fond, c’est un projet porteur d’avenir.
Nous devons développer l’attractivité de notre agglomération et, bien évidemment celle de la ville centre.
Cela passe par l’amélioration des leviers qui favorisent le développement économique (développement des services, formation, organisation de zones d’activité, haut débit, etc.)
Mais il est besoin aussi de redonner vie au centre de notre agglomération, de lui redonner de la cohérence. S’agissant des abords de la cathédrale il faut que les Ebroïciens se les approprient et les « scènes » que crée le projet Desvignes vont en ce sens.
Il faut que l’ensemble s’ouvre sur le centre actif et commerçant, sur la place de l’hôtel de ville et sur le futur quartier Saint Louis que nous allons bâtir après le transfert de l’hôpital dans ses nouveaux locaux de Cambolle.
Il s’agit de dessiner le centre d’une agglomération de près de 100 000 habitants, appelée à en compter davantage encore et non pas simplement de dépoussiérer ou remanier le centre d’une ville de 50 000 habitants.
Cet objectif là, consciemment ou pas, le projet Desvignes pour les abords de la cathédrale en est porteur parce qu’il leur donne l’épaisseur nécessaire. L’idée d’une ouverture sur l’allée des soupirs et l’entrée du musée qu’il prévoit de ce côté connectent par exemple naturellement le futur quartier Saint Louis sur le haut de la rue Chartraine en passant par une cathédrale qui ouvre en même temps ses scènes de vie vers la place de l’hôtel de ville . Tout cela contribue à cimenter les briques urbaines qui constituent le centre ville.
Ce projet d’aménagement des abords de la cathédrale, je l’ai, pour ma part, lu non pas comme une page isolée de rénovation urbaine mais comme un des éléments constitutifs d’un centre urbain en devenir. C’est ce qui m’a conduit à le voter, quelles que soient les crispations qu’ont pu provoquer les aléas dans l’organisation du travail des élus et du processus de décision.