Le rock dans tous ses Etats
On craignait que le festival ne disparaisse après le départ de Jean- Christophe Aplincourt.Benoit Vuillon nous montre que nul n’est irremplaçable et que, pourvu que l’équipe qui l’accompagne, que les dizaines de bénévoles passionnés qui participent au fonctionnement de la manifestation continuent à y croire, elle ne perd pas en qualité… Au contraire !
Une politique culturelle s’appuie bien entendu sur la coordination et sur la réalisation d’équipements structurants. Elle s’appuie aussi sur des temps forts, des manifestations de grande envergure mais également sur la capacité de mobilisation des spectateurs, sur leur exigence et leur volonté d’en être eux-mêmes acteurs.
Le Ciné-zénith d’Evreux n’aurait pas été la première salle de cinéma de France en terme de fréquentation par fauteuil si Jean-Marc et Nadine Ageorges n’avaient pas été capables de mettre en œuvre cet équilibre fragile entre films grand-public, avant-premières en présence d’acteurs et de réalisateurs, soirées Art et essai …
Le Conseil Général aura favorisé cela par ses partenariats discrets mais efficaces. Et c’est le niveau d’exigence sans cesse croissant d’un public de plus en plus convaincu, de plus en plus cinéphile qui aura « porté » l’action de ces deux passionnés que sont Jean-Marc et Nadine.
Il aurait suffi de rien… Il aurait suffi d’une décision politique à contre courant comme la remise en cause du parking de la salle pour que cet édifice toujours fragile s’écroule.
Mais je reviens au « Rock dans tous ses états » et plus largement aux musiques actuelles.
Le Festival est bien vivant.
La SMAC est aujourd’hui lancée et Benoît Vuillon pilote ces deux chantiers de main de maître.
J’ai croisé hier soir des bénévoles en nombre, souriants, vivant et partageant leur passion … C’est une relation très fusionnelle que les années ont construite entre Evreux et les musiques actuelles et c’est dans ce terreau là que peut s’enraciner une politique culturelle charpentée et foisonnante, dans un terreau où la passion déclinée au quotidien transforme en acteurs les spectateurs.
Il faut que les collectivités continuent leur partenariat et le déclinent là aussi de façon aussi discrète qu’efficace.
Le Conseil Général montre à cet égard au travers de l’organisation de sa politique en faveur des musiques actuelles qu’il ne limite pas son action au soutien de manifestations à fort potentiel de communication mais qu’il est vraiment entré dans le cœur du sujet.
L’ensemble des collectivités s’associent à la ville dans le cadre du contrat d’agglomération pour construire une SMAC qui sera le lieu de coordination, le principal outil de développement des musiques actuelles sur notre territoire…
Mais cela ne suffirait pas s’il n’y avait la passion de Benoît Vuillon, celle du comité de soutien de la SMAC, celle des centaines d’Ebroïciens de toutes générations dont le niveau d’exigence en matière de musiques actuelles va croissant.
L’équilibre demeure toutefois fragile et il ne peut en être autrement.
Sans doute suffirait-il de rien, d’une décision politique à contre-courant pour que tout s’écroule. Il m’est arrivé, il y a quelques années, d’écrire à ce propos à Debré dont la politique culturelle à Evreux n’était pas toujours bien claire… C’est le moins que l’on puisse dire !
Au fait, j’ai bien aimé Olivia Ruiz !