En avril...
En avril ne te découvre pas d’un fil …
La grisaille qui s’amoncelle ce matin pénètre chaque recoin de la ville de ouate froide.
Me voilà parrain républicain depuis hier après midi où nous organisions à la mairie une cérémonie de parrainage d’enfants de « Sans-papier ».
Sans-Papier… Comme si un enfant avait besoin de papier pour avoir le droit de grandir ! Ou plutôt si… Mais c’est du papier des livres et des cahiers d’école qu’il est besoin, du papier sur lequel il dessinera ses rêves… Rêves bleus qui ne ressemblent pas à l’histoire de cet apatride que conte Bernard Traven dans Le vaisseau des morts.
Je ne suis pas de ceux qui veulent ouvrir notre territoire sans réserve… Il faut des règles bien sûr et la France ne peut accueillir toute la misère du monde…
Ce qu’il faut construire sans relâche, c’est un monde où nulle part les peuples n’auront plus besoin de fuir vers d’autres horizons, vers d’autres pays… Fuir la misère et fuir la violence.
Je ne suis pas de ceux qui veulent ouvrir notre territoire sans réserve … Mais quand des femmes et des hommes y sont présents, quand des enfants y grandissent et parfois même y sont nés, quand cela dure depuis des années, je ne puis accepter qu’on en fasse des fantômes, des ombres qui n’existent socialement que sous la dénomination de Sans-papier, donc qui n’existent pas et sont sans droit, sans ressource, sans autre existence que cette peur qui les tenaille, que cette angoisse qui les ronge et passe des parents aux enfants, des enfants aux enfants et qui va les construire fragiles !
Et puis, notre République s’est bâtie dans la diversité, s’est renforcée de sa diversité.
Je ne sais comment ont été accueillis, au début des années 20, mes grand-parents ritals ou mes grand-parents polaks puisque je suis né des deux cultures … Je crois savoir que cela n’a pas été simple…
Ils ont pourtant contribué à construire cette France où nous vivons et, près de cent ans plus tard, je comprends mal comment on peut encore ne pas mesurer à quel point la diversité est une richesse, à quel point elle est l’un des moteurs de notre avenir.