Gaza
Janvier 1895, le 5 janvier précisément, le capitaine Dreyfus était dégradé dans la cour de l’école militaire et devenait le symbole, entre autres, de l’antisémitisme de son siècle.
Janvier 2009, les canons tonnent sur la bande de Gaza.
L’Histoire du siècle qui sépare ces deux mois de janvier a charrié son lot d’atrocités et d’horreurs. Elle n’aura pas été marquée que d’antisémitisme, loin de là, mais elle aura en la matière atteint des degrés dans l’horreur qui confinent à l’inimaginable.
C’est ce qui a conduit pour partie à la création de l’Etat d’Israël et c’est sans doute ce qui justifie que cet Etat, on le défende…
Ce n’est bien sûr pas la seule raison.
Evidemment que dans les positionnements et gesticulations diplomatiques, il y a en arrière plan des calculs géopolitiques, des calculs économiques… Faut-il pour autant rejeter la nécessité de préserver un Etat qui, s’il a été créé sur un territoire sujet dans l’histoire à de nombreux bouleversements, n’en est pas moins constitué depuis quelques générations ?
Mais jusqu’où doit aller l’Etat d’Israël pour sa défense ?
La « Prévention » des menaces doit-elle aller jusqu’à la guerre ?
Parce qu’il s’agit bien d’une guerre qui aujourd’hui, tue indistinctement militaires et civils palestiniens par centaines.
Il s’agit d’une guerre dite « préventive », au même titre que la guerre portée en Irak par l’administration Bush se voulait préventive… C'est-à-dire d’une guerre encore plus inacceptable.
Inacceptable aussi parce qu’elle montre l’incapacité dans laquelle se trouvent les instances internationales, neutralisées par la confrontation des intérêts particuliers de nations « poids lourds » sensibles à l’impasse économique que traduit aujourd’hui la crise du capitalisme, d’arbitrer et de régler la sécurité d’Israël ET la création d’un Etat Palestinien viable.
Dans l’instant, Je ne peux qu’exprimer fermement mon refus de l’invasion de la bande de Gaza par les troupes de l’Etat d’Israël. Elle n’est pas acceptable et il est urgent que cessent des opérations militaires injustifiables et qui tournent au massacre.
Mais ce refus n’a vraiment de sens que si, dans le même temps, la diplomatie est capable de garantir la sécurité de l’Etat d’Israël et la pérennité d’un Etat Palestinien.
Sinon, les « cessez le feu » continueront d’être bien théoriques et sans lendemain, les appels à la paix demeureront bien velléitaires et l’on comptera longtemps encore par centaines les victimes, innocentes ou non, qui renforceront la haine.