Entre les murs

Publié le par Gerard Silighini

C’est à chaud que j’ai envie de réagir.

Je sors tout juste d’une projection de « Entre les murs » de Laurent Cantet, palme d’or à l’unanimité  au dernier festival de Cannes.

Le sujet est simple : une classe de quatrième dans un collège de quartier.

Des liens qui se tissent et se rompent et se retissent entre le prof de lettres et professeur principal de la classe et les élèves.

Des liens qui se tissent, complexes, entre les élèves, issus d’un même quartier, participant de communautés diverses.

 

Le film reste pudique dans bien des domaines… Mais il le faut, sauf à vouloir l’insoutenable, sauf à chercher le fait divers ; ce qui n’est pas l’objet de cette chronique bien ordinaire d’un collège de quartier sensible.

Je suis enthousiasmé par la volonté des profs et par le dialogue qui s’installe entre profs et élèves, y compris au travers d’escarmouches voire d’empoignades qui se succèdent.

Je suis accablé aussi, presque désespéré en mesurant tout ce qui reste à faire.

Profs et élèves ne parlent manifestement pas le même langage, ne partagent pas quelque conception commune de l’école que ce soit et encore moins de l’organisation sociale.

Chaque jour, c’est la construction même des règles du vivre ensemble qu’il faut remettre sur le métier… Mais les règles de l’école ne sont pas plus celles de la démocratie que celles des quartiers…

Ce sont les élèves eux-mêmes qui parfois, servent d’interprètes à leurs parents.

 

Le collège, creuset de l’éducation où se frictionnent les cultures.

 

Sa vocation peut elle être la même partout ?

Son organisation peut-elle être la même partout ?

L’enseignant est bien isolé dans sa classe là où il faudrait de vraies équipes pluridisciplinaires et des professionnels venus de tous horizons.

 

La question est d’abord celle du sens et des objectifs que fixe notre République à l’école.

Les modalités d’application peuvent et doivent ensuite différer.

Nous avons des élèves finalement  souvent avides de sens et de reconnaissance quelle que soit leur façon de l'exprimer
Nous avons des jeunes qu'il ne faut surtout pas décevoir
 

Nous avons des enseignants volontaires et souvent enthousiastes.

Nous avons des enseignants qu’il ne faut surtout pas aigrir prématurément.


Sans doute faut-il travailler différemment, en ajoutant d’autres corps de métier quand il le faut.

Sans doute faut-il organiser la classe différemment.

Mais qu’on le veuille ou non, l’école demeure le dernier service public de proximité, le seul service public qui puisse constituer un levier fort d’intégration sociale, le seul qui nous permette de préparer notre avenir commun.
y compris et surtout peut-être quand elle est implantée dans un quartier sensible.

 

Préservons la.

Soutenons la.

Encourageons la.

 

Victor Hugo exigeait un effort puissant pour l’école.

C’est le prix à payer pour que continue notre République.

C'est le prix à payer pour que tous y participent, d'où qu'ils viennent. 

Cessons donc de lésiner et de ne pas remplacer les départs en retraite par exemple.

 

Si le film de Cantet , en les introduisant dans la classe, fait prendre conscience de cela aux Français, il sera utile en plus d’être d’excellente facture.

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A
Comme tant d'autres contractuels de l'Éducation Nationale, ces fameux "intermittents du tableau noir", j'ai beaucoup d'inquiétudes quant à la rentrée. On nous a gentiment reclassé en janvier, va-t-on nous oublier ? Je suggère une mobilisationr rapide.
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M
L'occasion de mettre en application ces belles paroles -"Mais qu’on le veuille ou non, l’école demeure le dernier service public de proximité, le seul service public qui puisse constituer un levier fort d’intégration sociale, le seul qui nous permette de préparer notre avenir commun. y compris et surtout peut-être quand elle est implantée dans un quartier sensible.  Préservons la. Soutenons la. Encourageons la. " -va se présenter puisque la révision de la carte scolaire, compétence du conseil général, des collèges va être être lancée. J'espère que les conclusions, notamment la suppression du collège Pablo Neruda, ne sont pas écrites d'avance.Paul Magnan, ex-parent d'élèves et responsable d'une association de parent d'élève de Pablo Neruda pendant 13 ans
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G
<br /> Pour ma part, Paul, je serais a priori hostile à la fermeture de Pablo Neruda si la question venait pour de bon sur le tapis.<br /> pour toutes les raisons que j'évoque dans l'article que tu cites.<br /> Il faudrait m'opposer un argumentaire sacrément solide pour me Convaincre du contraire.<br /> <br /> <br />
B
Et quand la droite sarkozienne sera venu à bout de "La Maternelle" pour en faire un jardin d'enfants s'apparentant à une garderie, et qu'une Ecole élémentaire sera encore davantage une école de la concurrence et de la classification, de la notation sur le critère de la mémorisation plus que de la compréhention et de l'ouverture (réforme Darcos... ), que pourrons faire d'autre les enseignants du Collège que de tenter du "rattrapage" pour pallier les déficiences autérieures.Eh oui! Le Collége ne devrait-il pas être le meilleur temps à proposer aux jeunes par une attention pour chacune/chacun et un éveil prometteur offert à tous? 
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A
Quant à la formation, je pense que le problème vient du fait que une forte proportion de candidats passent les concours à l'nseignement par défaut, la plupart s'adaptant bon gré mal gré ensuite (parfois, je vais faire hurler, mais c'est une épouse qui prend ce travail pour s'occuper de ses enfants, ce qui est légitime, et fournir un salaire d'appoint au ménage). Il est clair aussi qu'un professeur n'a plus du tout les mêmes missions et que la formation n'y prépare pas. Je crois aussi que les jeunes sont souvent plus réalistes qu'avant, plus blasés, sachant très bien pour quelques uns que la voie qu'on leur fait emprunter ne les mènera à rien.
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H
bien entendu le film de cantet offre un point de vue original sur l'école et précisément sur son maillon faible : le collège. La faute à qui ? Pas aux profs qui effectuent un travail remarquable pour des salaires qui ne sont pas à la hauteur de leur labeur ... alors sont ce les parents qui sont défaillants ? Pas plus ... En vérité il y a un malentendu absurde à l'origine des dysfonctionnements du collège : celui là qui exige implicitement qu'on en fasse un "petit lycée" ... il a fallu effacé ce qu'avait été les PEGC (si pluri disciplinaires, tellement en avance sur leur temps) et donner aux certifiés qui devenaient majoritaires un idéal fondé sur le mérite et la sélection. De fil en aiguille on a avalisé cette orientation qui faisait payer aux élèves les plus faibles le prix fort : des redoublemets inutiles, une orientation subie, un échec humiliant à un examen qui n'a jamais servi à rien : le DNB. Au final le collège devint le mal aimé ... lui qui avait rendu tant de services pour la massification et donc la démoratisation del'école se vit déjugé, méjugé. Pour pallier les échecs scolaires il faudra bien sûr que les enseignants travaillent en équipe - ce qu'ils font déjà - mais aussi qu'ils acceptent que le temps du collège c'est encore le temps des apprentissages fondamentaux : oui on a encore le temps d'apprendre à lire correctement tout au long de ces quatre années ! oui on a encore le temps d'apprendre à compter et ainsi de suite ... ne pas accorder ce temps c'est condamner ceux qui rament, celles et ceux qui sont en conflit avec l'autorité institutionnelle ... Le collège n'est pas le lycée, il peut être une préface c'est certain mais il peut et doit devenir un espace dans lequel on offre du temps pour réussir, ayons le courage de supprimer le DNB, véritable machine à humilier !
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