intervention sur l'aire d'accueil des gens du voyage

Publié le par Gerard Silighini

Je déplorais l’an dernier le retrait de la ville du Syndicat Intercommunal pour l’accueil des Gens du voyage d’Evreux et de ses environs en regrettant d’ailleurs que vous puissiez jouer perso ou en tout cas donner le sentiment de jouer perso…

 Ce qui serait dommage, vous en conviendrez puisque vous sollicitez par ailleurs la solidarité de l’agglomération lorsqu’il s’agit de faire à la ville d’Evreux une avance de trésorerie pour réparer ses bâtiments publics… Nous y reviendrons tout à l’heure…

 Je ne suis pas seul d’ailleurs à déplorer la dissolution du syndicat

 Trois autres communes la refusent.

 Je reste convaincu que la réponse à la question de l’accueil des gens du voyage est à l’échelle d’un territoire plus large que le territoire communal et l’agglomération reste pour moi le territoire le plus pertinent.

Je prends acte des évolutions des compétences de la commission.

 Je prends également acte - et j’y note une évolution positive – de l’élargissement de la question de l’accueil des gens du voyage à leur scolarisation et à la sédentarisation de certaines familles.

 C’est à mon sens une évolution positive par rapport aux délibérations antérieures auxquelles je reprochais de limiter la question de l’accueil des gens du voyage à l’aménagement d’un terrain..

 Mais, cette évolution, rend plus nécessaire encore la prise en compte d’un territoire plus large que le seul territoire communal et les conventions bilatérales que vous proposez avec les autres communes me paraissent très limitées et ne pas pouvoir répondre aux besoins.

 Lorsque j’en lis le projet, au risque d’être caricatural, j’ai l’impression qu’on se limite à la mise à disposition (gracieuse ?... Je n’ai vu en effet aucun élément financier dans ce projet), des services d’un médiateur chargé d’indiquer aux gens du voyage l’aire d’accueil d’Evreux s’il y a des places disponibles (ce qui sera sans doute assez peu probable),et sinon les autres aires du département qui ne sont d’ailleurs pas très nombreuses.

 Bon, je ne méconnais pas les mérites de la médiation… J’ai regretté suffisamment la fin des ALMS… Mais présenté comme vous le faites, cela rappelle plus le rôle d’un poteau indicateur que celui d’un médiateur.

 Vous ajoutez dans ce projet de convention le ramassage des déchets après le départ des occupants ou un ramassage régulier en cas de stationnement prolongé si le site d’Evreux est complet.

 En fait, votre idée de la négociation consiste à valider de fait des aires d’accueil  aussi sauvages que provisoires dans les communes limitrophes si Evreux est complet… Ce qui sera pratiquement toujours le cas.

  J’oubliais  -soyons complet-, vous prévoyez une assistance juridique mais elle reste toujours aussi floue que lors de la dernière délibération.

 Monsieur le Maire, j’ai le sentiment que vous n’avez pas vraiment pris la mesure de l’importance de la question de l’accueil des gens du voyage et pour eux-mêmes et pour notre commune et pour les communes avoisinantes.

 Je reste convaincu qu’au-delà de la création d’un terrain, c’est toute une politique d’accueil qu’il faut mettre en place à l’échelle de l’agglomération et, même si je reconnais des évolutions positives dans cette délibération, je m’abstiendrai de la voter

  

 

Publié dans politique

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C
Bonsoir,<br /> Je voudrais juste apporter quelques informations sur l'accueil des gens du voyage par les communes...entre la loi n°2000-614 du 5 juillet 2000 et les actes, il y a un grand fossé. A l'époque où cette loi avait été promulguée, je préparais l'Ena, et j'avais à cette occasion rencontré un ancien Secrétaire Général de Préfecture qui m'avait confié à l'époque qu'il avait eu à traiter ce type de mission lors de son affectation. Le Préfet lui avait indiqué qu'en général, les maires qui se risquaient à créer des aires d'accueil pour les gens du voyage y voyaient en fait un risque politique majeur: celui de mécontenter leurs électeurs, avec le risque réel de ne pas être réélu. Le Préfet lui avait confié qu'en général, les maires qui acceptaient de se conformer à la loi étaient ceux qui, justement, n'avaient plus envie de briguer aucun mandat...car ils se retiraient, trop âgés, de la vie politique...Le "jeu" de ce Secrétaire Général avait été de "montrer la bonne volonté" du Préfet en conviant les différents partenaires des collectivités locales à en discuter, sans attendre pour autant de décision, car le Préfet ne se faisait aucune illusion là-dessus...et effectivement, le Secrétaire Général a été muté au bout de 18 mois ailleurs, et l'affaire des "aires d'accueil" a été enterrée après son départ...<br /> Cela m'a bien entendu donné à réfléchir, et par rapport à tout ce que j'ai entendu cette année là dans la manière de traiter les grands problèmes politiques, mais aussi administratifs, financiers, par les "technocrates" qui nous gouvernent, je dois dire que je suis tombé de très haut pour bon nombre de choses, en particulier lorsqu'un enseignant à répondu "oui" en conclusion d'un sujet portant sur le sujet :"la corruption est-elle un mal nécessaire en matière politique" ?<br /> Ce jour là, j'ai su que je ne ferais pas un bon "technocrate", que je n'arriverais jamais à adhérer à de telles choses, car lorsque des lois sont promulguées, le bon sens veut qu'on les applique partout, en tous lieux, sans distinction d'aucune sorte. <br /> J'ai su, cette année là, que d'un côté il y a la bonne volonté des législateurs, et que de l'autre, il demeure des manières de faire contraires à toute volonté consensuelle d'arranger les choses.<br /> Pour ce qui est des aires d'accueil des gens du voyage, j'avais lu lors de ma préparation de l'Ena un rapport dont l'objectif visait à sédentariser progressivement ces populations, en leur affectant dans les communes où ils résidaient le plus souvent dans l'année des "habitations en dur", avec un "loyer modéré", de telle manière de leur procurer des logements décents, sans pour autant les reléguer sur un terrain communal mal équipé, où ils se sentiraient victimes d'une discrimination négative, conjuguée aux préjugés négatifs de la population sédentaire des dites communes d'accueil.<br /> En général, je me suis aperçu que dans ce type de situation, ceux qui en prennent la responsabilité apparaissent aux yeux des gens du voyage comme des sauveurs, mais les gens du voyage ne sont pas leurs électeurs...ceux-là s'en souviennent aux élections suivantes et ne "pardonnent pas", car il est difficile de changer les mentalités...<br />
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