Rassemblement... Bis repetita

Publié le par Gerard Silighini

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C'est pas facile de se rassembler quand on est à gauche.

Pourtant, on s'y est tous mis hier, salle Jules Janin... Tous ou presque... Rachid Mammeri avait préféré assister au débat sur l'éventuelle désignation, en conseil fédéral, d'Emeric Jeanne et de sa propre soeur comme candidats aux cantonales dans le canton où est élu Michel Champredon.

Une centaine de personnes, un échange sur nos visions d'Evreux et de l'agglomération qu'engage l'argumentaire que nous avions défini vendredi dernier et que je retrace en une petite demi-heure.

Des interventions fortes...

A la table que nous avons installée au pied des fauteuils de la salle Jules Janin, chacun ou presque aura pris la parole et réagi au propos et aux interpellations du public.
Mais y-a-t-il vraiment un public ? 
Nous sommes tous intervenants.
L'ambiance est plutôt celle d'un débat auquel chacun apporte sa contribution.

Intervention de Denis Collin qui revendique une gauche authentique et se fait quasiment le porteur du discours d'un groupe de réflexion qui distribuait un texte à l'entrée.

Intervention d'Alain Potier qui, au nom de ses plus de 100 pétitionnaires, exige une liste unique de la gauche.
Je lui répond bien sûr qu'une liste unique n'est pas un but en soi et qu'elle n'est possible que s'il y a accord de tous sur les valeurs et le projet qu'elle porte...

Je ne peux tout de même pas lui répondre qu'il n'y a sans doute pas de désaccord fondamental entre les germes de listes qui s'affichent et que s'il y en avait, il serait difficile de les voir puisque  la question de la tête de liste semble être le préalable à toute discussion sérieuse... A Evreux comme dans bien d'autres villes d'ailleurs... 
C'est un travers bien commun.

On entend, ici et là, des candidats  au travers de la presse qui vont  jusqu'à dire  qu'ils iront jusqu'au bout et que s'ils perdent l'élection, tant pis.
Ils limitent ainsi la conséquence de leurs décisions à leur destin particulier qui est, sans aucun doute possible, essentiel mais je me demande alors parfois s'il n'a pas trop pris le pas dans l'alchimie complexe des ambitions personnelles et de l'intérêt collectif. 

On ne peut pas se permettre celà à Evreux .

Parce que la défaite serait collective... ce serait d'abord la défaite de la gauche.
C'est une défaite qui serait d'autant moins pardonnable quand les Ebroïciens nous ont montré lors des élections présidentielles et législatives leur attachement aux valeurs dont nous sommes porteurs... quand ils nous appellent et nous interpellent.

On ne peut limiter l'analyse politique à la conviction qu'a chaque candidat d'une légitimité qui est somme toutes très relative... 
C'est malheureusement là dessus que l'on bute aujourd'hui.

Gageons que dans l'alchimie complexe que j'évoquais, l'intérêt de la ville va très vite reprendre le pas sur l'ambition des personnes.
C'est d'une équipe et d'un projet qu'ont besoin Evreux et l'agglomération, pas du dialogue de sourds de légitimités qui sont en fait tellement peu convaincantes qu'elles en sont réduites à s'affirmer en permanence au détriment de tout autre discours.

La réunion d'hier soir, en ne posant pas la question de ces légitimités aura au moins permis qu'une centaine de personnes se parlent et s'écoutent... 
Il suffit maintenant d'un rien pour que cela continue, pour que le débat s'organise dans tout Evreux et dans l'agglomération et que la dynamique engagée porte les Ebroïciens à s'emparer avec nous de leur avenir.

 

Publié dans politique

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G
connaissez-vous "la minute philosophique "d'Olivier CLERC (philosophe, écrivain) ? je l'ai plagiée et me suis approprié son histoire de grenouille bientôt cuite dans la marmite au lieu de se sauver...A part ça, suite à la réunion de jeudi, j'aurais voulu évoquer, puisque l'on a parlé de décloisonnement des quartiers, la nécessité de favoriser des transports urbains interquartiers, et non tous dirigés vers le centre - ville, et ceci, pas uniquements à certains horaires (je pense en particulier à La Madeleine- Nètreville mais aussi avec Navarre). Cela se justifie d'autant mieux que les déplacements de population liées à l'ORU sépare des familles, des liens sociaux...
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G
Quelques précisions pour répondre à une question qui m'est posée par mail.Je ne veux en aucun cas diaboliser ni la liste Rive Gauche, ni son "leader historique"...Simplement, je considère que rassemblement et ralliement, ce n'est pas la même chose.Le rassemblement suppose que l'on engage ensemble l'action, sur des axes communs et que l'on a redéfini ensemble et avec des perspectives de mise en oeuvre collectives.Pour que le germe de liste Rive Gauche (J'espère en tout cas que cette liste n'existe encore qu'en germe) puisse devenir le noyau d'un rassemblement, il faut que son leader donne des signes forts de cette volonté de rassembler... C'est ce qui donnerait toute sa crédibilité, devant les Ebroïciens, à un mouvement qui porterait la gauche et qui lui donnerait la possibilité de travailler avec les Ebroïciens à un avenir différent.Me rallier à Champredon, comme cela m'est demandé parfois, en lui prêtant simplement mon nom , ne suffirait pas à lancer la dynamique dont la gauche a besoin et dont Evreux a besoin.Au dela de ma personne, il y a des femmes et des hommes convaincus et mobilisés qui veulent travailler à l'avenir d'Evreux et qui accepteraient difficilement de se ranger, sans autre forme de procès, derrière un homme qui n'aurait pas affiché concrètement sa volonté de ne pas exercer une forme de pouvoir absolu.Tout reste pourtant possible.Je reste convaincu qu'un authentique rassemblement peut et va émerger autour d'un authentique projet de gauche.Je n'en ai pas seul la clé... Ou plutôt je ne dispose que de l'une des clés quand il y a plusieurs serrures.
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D
Cher Gérard,Je ne suis pas sûr d'avoir été le porteur du discours du groupe de réflexion dont tu cites le tract. Mais je suis sûr de deux choses: si on ne retrouve pas sans ambiguité le sens de ce qu'est la gauche historiquement dans ce pays 1° on ne rassemblera pas à gauche et 2° on perdra encore une fois face à la droite. Le sens de la gauche? Pour moi, c'est simple. Mitterrand à Epinay en 1971: "Celui qui n'est pas pour la rupture avec le capitalisme, celui-là ne PEUT pas être socialiste." En paysan entêté que je suis, je m'en tiens à ça. A çà qui m'a fait voter Mitterrand dès le premier tour en 1974, puis en 1981 et même encore en 1988 malgré les déceptions. Et encore, parce que je me disais qu'il ne fallait pas changer de stratégie, pour Jospin en 1995. Rupture avec le capitalisme, défense de la démocratie et de la souveraineté populaire (à tous les étages!), penser toutes les questions politiques en se plaçant du point de vue des plus défavorisés, du point de vue de ceux qui n'ont rien d'autres que leur force de travail. Un programme de gauche, ça s'écrit en 20 lignes ou en 30 pages comme le Manifeste du Parti Communiste de Marx et Engels. Tout le monde peut le lire et le comprendre, pas comme les discours technocratiques dont certains participants de la réunion de l'autre soir, Vert ou pinteuristes déçus, nous en ont abreuvés.L'union de cette vraie gauche est possible. Tu as dit que tu étais d'accord avec moi et Laurent Criquet (PT) en a dit autant. Donc vous êtes d'accord, Laurent Criquet et toi! Preuve que lorsqu'on revient aux fondamentaux de la gauche, l'union est possible...Une précision pour finir. Je ne veux pas interdire à ceux qui étaient pour le "oui" au référendum de participer à une liste de gauche. Nous n'interdisons à personne de lutter à nos côtés. Mais je le dis tout net, je ne voterai jamais pour une liste dirigée par un droitier partisan du "oui", de leur "Europe", adversaire de la laïcité, comme Rachid Mammeri. Si la gauche ébroïcienne devait accepter cela, ce serait sans moi, et sans ma voix. Memmeri, à la rigueur en 45e position sur la liste de gauche, s'il veut...
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G
Denis, je vois que tu es autant lève-tôt que moi.Je crois te comprendre et être d'accord avec toi sur l'essentiel.1- Il faut une s'ancrer dans la rupture avec un système qui fragilise et broie les plus nombreux au profit de quelques uns et qui le fait de surcroît dans un anonymat technocratique qui voudrait faire croire aux plus misérables (Au sens d'Hugo) qu'ils sont responsables de leur misère.2- Un projet de gauche tient en quelques axes simples.Il doit être audible et se décliner ensuite en un programme et des actions que la démocratie mettra en oeuvre.3- Ce qui suppose, en -3- , que nous sachions travailler, au cours du mandat, à la mise en place de ce qui permettra aux citoyens d'exercer pleinement leur rôle de citoyens en passant par l'information et la formation (vieux rêve républicain plus que jamais d'actualité.)Une union fondée sur ces bases est possible... Mais...Cela ne correspond  pas aujourd'hui aux problématiques que développe l'embryon de liste et de programme "socialocalofficiel".S'agissant de la liste Rive Gauche, je ne suis pas sûr qu'elle ne soit pas d'abord un tremplin personnel pour un "candidat historique", même si j'adhère à une bonne part du discours tenu.Quant à lancer aujourd'hui une troisième liste, c'est se donner une tribune mais c'est aussi laisser la droite continuer à laminer les plus fragiles.L'équation n'est pas simple à résoudre.Amitiés