Attention à la marche !
Cette Une du Populaire, c'est à la demande d'une fidèle commentatrice que je la place en exergue de mon propos.
Nous ne vivons plus à la même époque bien évidemment et les frontières du monde de chacun de nous ont fortement reculé... Je ne suis pas pour autant certain que la fracture sociale ne se soit pas fortement élargie... Je parle de la vraie fracture, de celle qui fait que des millions de nos concitoyens vivent ou plutôt survivent dans une précarité inacceptable et non pas de la fantaisie électorale sur laquelle a surfé le RPR ,devenu depuis UMP, le temps d'une précédente campagne présidentielle qui a conduit à la casse organisée de tous les dispositifs de solidarité qu'avait conçus, au sortir de la guerre, le Conseil National de la Résistance.
Si l'on n'y prend pas garde, si nous n'avons pas ce sursaut salutaire qui écartera de la charge de Président de la République le candidat de l'UMP, celui qui n'a pas hésité à cumuler les fonctions de ministre de l'intérieur avec celles de patron de sa formation politique, celui qui pratique le "dérapage" verbal à peine contrôlé et qui pratiquerait aussi le jeu des pressions sur les médias, ce ne sont plus seulement les dispositifs de solidarité qui passeront à la casse, ce sont aussi, je le crains, les principes même de notre République...
La Ligue des droits de l'homme ne s'y est pas trompée qui appelle à voter Ségolène Royal... Il est extrêmement rare en effet que la LDH prenne parti de cette façon dans un scrutin... Il faut vraiment qu'elle soit convaincue du danger qu'il y aurait à conforter encore un appareil politique qui noyaute aujourd'hui toutes nos institutions et qui les stérilise.
Je suis allé coller avec mon copain Eric samedi soir... Nos affiches n'ont pas bougé ou très peu sauf sur la buse du Bel Ebat où elles ont été lacérées... Les militants sarkoziens se lâchent dans le centre ville... Sans doute commencent-ils à craindre la défaite de leur idole... Les attitudes et les arguments qu'il m'arrive d'entendre de leur part me rappellent 1981... La gauche porteuse de désordre... La gauche porteuse de catastrophe économique... A l'époque, c'était aussi la crainte des chars russes à Paris... N'importe quoi! Et ce que j'entends aujourd'hui des Sarkoziens relève du même irrationnel... Avec en plus un soupçon d'antiféminisme.
Tous propos que j'entendais samedi matin sur le marché...
A propos du marché, une anecdote....J'y distribuais des tracts, au coin de l'immeuble de la chambre de commerce, avec Bruno, un militant PS et je vois arriver de loin Nicolas... Pas le Sarko, l'autre, le local... Il longe l'étal du traiteur et passe le plus loin possible de moi, le regard rivé au sol comme pour être bien sûr de ne pas me voir et de ne pas avoir à me saluer... Ce qui devait arriver arrive... Il bouscule une dame, garde son regard rivé sur le bitume, accélère et la dame de se retourner les poings sur les hanches:
" Qui c'est celui là enfin, claironne-t-elle ! Il aurait pu au moins s'excuser !"
Heureusement pour Nicolas, le sol était régulier.... Pas de marche... Sinon, à vouloir m'éviter il se serait bien retrouvé cul par dessus tête...
J'ai croisé Gisèle Philippon à mon retour du marché. Elle venait de rencontrer la presse à qui elle avait annoncé qu'elle renonçait à se présenter aux législatives. Nous en avons parlé quelques minutes... Ce qui est déterminant dans son choix relève d'impératifs qui lui sont personnels et que je comprends...
En aucun cas il ne s'agit d'une manoeuvre ou d'une fuite... Pour avoir travaillé avec Gisèle durant quelques années, je crois la connaître un peu. Sa rigueur et sa loyauté m'interdisent d'imaginer qu'elle puisse être capable d'un jeu politicien...
Pas comme un Albertini ou qu'un Hervé Morin qui vient de le rejoindre...
Décidément les élus de l'UDF qui ont, il faut le reconnaître, été initialement élus dans le cadre d'accords au moins tacites avec l'UMP, s'opposent radicalement à ceux qui, votant au premier tour pour François Bayrou, imaginaient soutenir une autre façon de faire de la politique... En privilégiant leur réélection et en faisant une allégeance bien tardive à Sarkozy, ils se montrent aujourd'hui incapables de faire de la politique autrement qu'en jouant des combinaisons électorales stériles... La combinazione
Avec ses milliers de débats participatifs, avec le pacte présidentiel qui en est issu, avec ses propositions pour une démocratie rénovée, avec sa façon de débattre et de s'adresser aux Françaises et aux Français en leur montrant qu'elle les écoute mais qu'elle saura en même temps tenir avec eux le cap qu'ils auront fixé le 6 mai en la choisissant Elle... C'est bien elle, Ségolène Royal, qui fait aujourd'hui de la politique autrement.
A suivre...